20 août 2007
Sa petite entreprise...
Cette jeune femme avait fait des études d'informatique. Elle travaillait dans une grande ville. Et puis finalement, elle a décidé de reprendre une entreprise un peu particulière...
Celle de ses parents...
Une petite structure dans la montagne, vingt vaches, vingt cinq peut-être, quelques chèvres, et la fabrique d'un fromage d'Appellation d'Origine Contrôlée.
Un sacré sacerdoce ! Difficile de laisser le navire...
Les vaches n'attendent pas. Il faut les traire le matin, puis les sortir, puis les rentrer le soir pour une nouvelle fois leur tirer le lait. Le lait ne peut attendre d'être transformé en fromage. Et cela tous les jours de la semaine.
Et par dessus gérer la comptabilité, les investissements pour moderniser la collecte du lait. Gérer l'hygiène, les services vétérinaires. Prévoir les coupes de foin, pour nourrir le bétail l'hiver. Gérer sa famille aussi, le troisième vient de naître, le mari travaille dans la vallée, jongler entre les parents et la nounou.
Parfois je me demande comment elle fait. Moi qui n'ai pas eu d'éducatio
n religieuse, j'envie un peu sa foi incroyable. Celle dont elle a fait preuve lors de son premier accouchement, ce jour-même où elle a perdu l'enfant, et où le faire part qu'elle nous a envoyé à tous annonçait un décès.
Est-ce cette même foi qui lui a donné la conviction de partir dans cette voie, reprendre la ferme et plaquer son boulot d'informaticienne ? Est-ce cette foi qui a su persuader son mari de laisser leur vie d'avant et de partir dans cette aventure ?
Est-ce elle qui lui donne la persuasion pour négocier les prêts. Et pour négocier avec la commune pour garder les terres agricoles contre les promoteurs ?
Elle entraîne tout le monde dans son sillage, ses amis les premiers, car si on veut la voir ou avoir des nouvelles, il faut grimper dans sa montagne...
11 août 2007
Boucles d'oreilles
J'ai toujours trouvé que les boucles d'oreilles c'est très joli, mais j'ai toujours reculé devant l'idée qu'on me perce le corps. Alors je me venge parfois, en mettant des clips en toc qui me donnent des allergies et me confortent dans l'idée que, les boucles d'oreilles, c'est pas fait pour moi... Il en résulte une certaine frustration, mais je ne sais pas si je franchirai le pas un jour...
En fait, les boucles d'oreilles, je trouve ça très féminin. Pourquoi ? je ne sais pas trop...
Je suppose que notre vision de la beauté est très déterminée par ce que nous avons l'habitude de voir. Dans mon adolescence j'ai lu plus de livres sur la peinture et la sculpture que de magazines féminins. S'est construit dans ma tête une image de la beauté masculine et féminine qui va de la sculpture grecque aux tableaux de Rubens ou des impressionnistes. 
Une vision de la beauté plutôt naturelle...
Et la beauté "trafiquée", les cheveux qui changent de couleur, le maquillage à outrance et les corps tatoués, me laissent indifférente... je les trouve exagérés...
Alors pourquoi je trouve les piercings jolis ?
L'idée qu'une personne qui n'est ni médecin ni infirmière puisse percer ou modifier mon corps me hérisse.
Mais ce rejet physique ne m'empêche pas d'apprécier l'esthétique du résultat. Est-ce ce tableau de Vermeer qui m'a donné l'idée que les boucles d'oreilles réhaussent le regard de la femme ?
Je suppose que pour certains un tatouage c'est beau (personnellement, j'en trouve la couleur terne). La beauté, c'est aussi culturel : anneaux dans la bouche et scarifications pour certains, peintures sur le corps pour d'autres, et je pense que notre époque n'a rien inventé...
Les boucles d'oreilles aussi, c'est très culturel, comme je me le suis rappelé récemment suite à un double événement...
Tout d'abord ces vacances, la rencontre avec un jeune couple d'origine espagnole, dont la petite fille (de moins de deux ans) avait les oreilles percées. Je l'ai remarqué tout de suite, car j'ai une amie mariée avec un espagnol, qui m'a envoyé des photos peu après la naissance de sa fille. Son bébé avait les oreilles percées. Elle m'avait alors expliqué que pour son mari, une fille sans boucles d'oreilles, ce n'était pas possible.
Et puis en même temps, dans le livre que j'étais en train de lire, l'auteur Lucia Etxebarria, espagnole
elle aussi, explique qu'elle n'a pas fait percer les oreilles à son bébé, et qu'elle se refuse à l'habiller en rose, que tout le monde pense que c'est un garçon et qu'elle s'en fout...
Ce livre, est raconté par une femme enceinte qui voit sa situation avec beaucoup d'ironie. Mais les histoires qu'elle nous raconte sont touchantes, et tellement bien construites, et je l'ai tellement vécu ce livre que je crois que pour le moment je vais rester sur cette idée :
Je ne porte pas de boucles d'oreilles, mais je suis féminine quand même. D'autant plus avec mon ventre de 4 mois qui s'arrondit...
