20 mars 2008

Allaitement et travail

S'il y a un sujet qui porte bien à polémiques, c'est la puériculture...
Ce qui est étonnant, c'est de constater comme les avis sont parfois tranchés. "Il ne faut pas qu'elle suce son pouce" ou "la sucette c'est vraiment déconseillé". Ou encore sur l'allaitement. Après la mode du tout biberon, voici la rengaine  "l'allaitement c'est six mois minimum" (recommandations de l'OMS, rien que ça).

L'allaitement, je suis pour. Il parait que c'est d'avoir vu des femmes allaiter dans mon enfance, du moins c'est ce que tendent à penser les pro-allaitement qui se dépêchent de me montrer en exemple à leurs enfants.
C'est vrai, j'ai un souvenir lointain de la mère d'une amie qui allaitait le petit frère... Elles n'ont pas tort non plus de saisir cette occasion de contrecarrer l'image omniprésente du biberon.

Cependant je ne pense pas que cette image cela soit à l'origine de ma motivation. J'allaite parce que c'est simple (il n'y a rien à préparer), naturel (depuis la nuit des temps..), et il parait que bébé est moins malade (pour le moment ça marche). Comme une évidence quoi !
Et puis aussi (et surtout) parce que l'allaitement représente une philosophie de la vie que j'ai envie de transmettre à ma fille : prendre son temps, prendre du plaisir, découvrir des saveurs (il parait que mon lait prend le goût de ce que je mange). Et puis refuser la nourriture toute prête à consommer fournie par l'industrie, une sorte de lutte contre la "mal-bouffe" systématique.
Ben oui, je me fait plaisir à faire mon marché, à cuisiner des légumes parce que - je le ressens physiquement - c'est bon pour la santé, et c'est une forme d'indépendance d'esprit pour moi ! Les plats tout prêts sont souvent trop salés et nous poussent à boire des boissons produites par la même industrie, et je ne veux pas être complètement dépendante de ces marques et de la publicité qui va autour... Alors le lait industriel qui a toujours le même goût, ce n'est pas pour me plaire !

OUI MAIS.....

Mais je refuse les avis trop tranchés, les extrémismes.
Et je mange parfois des plats surgelés, des pizzas à réchauffer au micro-onde, de la purée en sachet !
C'est pratique et je n'ai pas tous les jours le temps de cuisiner du frais... et parfois même cela a bon goût !

Le lait industriel s'il existe répond sûrement à un besoin d'indépendance des femmes. Et de reprendre mon indépendance je vais en avoir besoin au moment de reprendre mon travail. Avec un peu de culpabilité quand même... Car je vais devoir donner à mon enfant ce lait produit par de grandes marques qui ont à mon avis plus en tête un but lucratif que la santé de mon enfant.

Il faut savoir que le congé pour allaitement n'existe pas dans le droit du travail. Il existe une disposition qui dit que je peux prendre une heure dans la journée pour allaiter. Et je n'arrive pas à croire les pro-allaitement qui me disent que je pourrait tirer mon lait après la reprise du travail. Car tirer son lait suppose de gérer sa lactation, et demande du temps, et je pense que du temps c'est justement ce qui va me manquer ! Les journées sont intenses, et -précision indispensable- je ne travaille qu'avec des hommes et prendre cette heure ce serait marquer une différence qui me sera préjudiciable...

J'aurai fait de mon mieux. J'ai prolongé mon congé maternité par quelques semaines de congé parental qui me permettront d'allaiter complètement 3 mois. C'est déjà ça... C'est ce que je pouvais faire de mieux pour concilier les impératifs de mon travail, et l'intérêt de ma fille... Car les deux ont de l'importance...

Et ne venez pas me dire que je suis une mauvaise mère ;-) Je fais ce que je peux...


Posté par arianebobine à 16:41 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Allaitement et travail

    l'allaitement c'est un moment priviligié, choisi, qui se vit de manière natuelle, alors pourquoi culpabiliserait-on les femmes qui ne souhaitent pas le faire ou pour des raisons médicales n'en n'ont pas la possibilité. Personnellement l'allaitement, c'est une période que j'ai vécu avec bonheur, mais accomplir le geste de nourrir son enfant dans la contrainte d'une pression familiale, sociale quelle horreur, alors peut-être vaut-il mieux donner un biberon.

    Posté par cilou59, 20 mars 2008 à 19:00 | | Répondre
  • Ton article me renvoit quelques lointaines années en arrière (pour ne pas dire presque 23 ans). Période où j'étais enceinte de mon fils ainé et où comme toute future maman je me posais la question de savoir si oui ou non j'allais allaiter mon bébé. Il se trouve que je n'ai pas pu le faire, pour plusieurs raisons, ni pour lui ni pour son frère. La 1ère fois alors que je culpabilisé sévèrement, mon médecin m'a dit ceci : "il vaut mieux un bon biberon qu'un mauvais sein"... et elle avait raison. J'ai trouvé beaucoup de plaisir à donner le biberon à mes fils, différent surement de celui de donner le sein, mais je l'ai fait avec autant d'amour et de plaisir.
    En fin de compte n'est ce pas là ce qui compte le plus : l'amour et le plaisir?

    Posté par Béatrice, 29 mars 2008 à 16:35 | | Répondre
  • Etre une bonne mère, à mon avis, c'est faire ce qu'on pense être bon pour son enfant.
    Et ton bien-être profitera aussi à ta fille.
    Fais comme tu le sens, tu peux très bien tirer ton lait de temps en temps quand c'est possible, et le reste du temps lui donner des biberons, elle s'habituera tout en douceur...
    Fais surtout comme tu as envie de faire !

    Posté par La Foldingue, 05 avr. 2008 à 17:33 | | Répondre
  • Merci pour ce temoignage

    Je lis beaucoup de douceur et de realite dans ton message.
    Tu es la meilleure maman pour ton enfant cela ne fait aucun doute tetées ou biberon fait ce qui te convient et qui te permet de créer ton Harmornie Familiale.

    Posté par Mompreneuse, 13 mai 2008 à 05:39 | | Répondre
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