La bobine d'Ariane

Au fil de mes pensées..

14 mars 2008

J'aime toujours Lyon (quand même) !

Avez-vous entendu la chanson de Thomas Dutronc J'aime plus Paris ?

La première fois que je l'ai entendue, j'ai trouvé qu'il résume (très bien) ce qu'il me semble être la destinée de nos villes.
Même si j'aime toujours ma ville, ce qu'il décrit se passe aussi dans certains quartiers de Lyon. Je veux parler de la récupération des quartiers par les promoteurs, les immeubles anciens qu'on démolit pour les remplacer par de l'immobilier neuf aux loyers prohibitifs.  Et le changement de population qui va avec. La perte de cette mixité qui fait tout le charme et la richesse d'habiter en ville...

"y'a plus d'titi mais des minets" dit cette chanson. A Lyon ce sont les Gones qui vont s'exiler en Banlieue...

p_3773Pas tout à fait, dans mon quartier il reste de vieux immeubles aux façades décolorées. Sur certaines on peut lire des inscriptions ou des enseignes de magasins peintes. Je pense parfois à les prendre en photo, mais contrairement à Sel ou à Béatrice je n'ai pas toujours mon appareil sur moi...
Il reste même des squats et des friches artistiques, mais je suppose que cela ne va pas durer... mais en attendant, je peux dire que j'aime toujours Lyon...
Pour combien de temps ?

La photo est extraite du site "Rues de Lyon"

 

Posté par arianebobine à 11:24 - Lyon - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 mai 2007

Vibrations

Les sons sont des phénomènes vibratoires... Cela, je l'ai appris en cours de physique. Je l'ai aussi expérimenté très concrètement. Il y a quelques jours, après le déménagement...

vignevueduciel

La voix de Keren Ann, suave et tendre, se mêlait à la trompette en vibrations parfois synchrones, parfois décalées, toujours harmonieuses.

Cet ajustement entre voix et trompette, comme s'ajustent les voix dans les choeurs de gospel, certains disent que cela donne la "chair de poule". Moi, cela me fait vibrer...

Cela se passait au Ninkasi Kao, petite salle de concert assez confidentielle. Keren Ann nous a d'ailleurs dit que sa voix se diluait trop dans les grandes salles. Quelle clairvoyance, quel respect pour les spectateurs !

A Lyon, la grande salle de concert a été créée au début du XXe siècle par un architecte qui pensait en faire un lieu pratique pour vendre les bestiaux. Même si des aménagements ont été tentés, on ne m'enlèvera pas de l'idée que l'acoustique de la Halle Tony Garnier a plus été faite pour diluer les mugissements que pour mettre en valeur de la musique.
Les concerts que j'ai pu y voir ne m'ont pas fait vibrer, tant pis (et j'ose à peine utiliser le mot entendre).

Alors je laisse les grandes tournées commerciales remplir cette Halle, et je m'intéresse parfois à la programmation du Transbordeur, la salle rock, ou du Kao.

En fait de concerts, le rendez-vous que j'aime particulièrement à Lyon, c'est celui de l'été et de ses concerts en plein air... Nous avons la chance d'avoir deux superbes salles en plein air, que les romains avaient construites pour écouter du théatre, ou de la musique...

L'une est directement en ville, sur la colline de Fourvière, et permet d'admirer le soir tombant sur Lyon avant de profiter du concert.vienne

L'autre est à 30km au Sud de Lyon, au bord du Rhône, à Vienne. Ce théâtre romain, est encastré dans la colline, comme un berceau protecteur. Le son suit naturellement ses courbes, et un chuchotement sur la scène s'entend haut dans les gradins : l'acoustique rêvée !

En plein air, l'expérience des sens est totale. La soirée commence par admirer le coucher du soleil, le théâtre étant tourné plein ouest. Le vent redescend le long des gradins pour rafraîchir les chaudes soirées d'été et nous laisse frissonnants, le nez en l'air pour regarder les martinets qui rentrent. Le ciel rougeoie encore quand la musique commence.
                                                              Photo : http://www.rhonealpes-tourisme.fr

Quand le son monte, cela ravit mes oreilles, et cela me fait vibrer, jusque dans mon ventre. Comme si les sons entraient en moi pour me diffuser leur douce vibration. Pour me mener jusqu'à l'extase...

Posté par arianebobine à 21:04 - Lyon - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 avr. 2007

Fascination

Toute gamine, déjà, je rêvais de Lyon.terreauxnuit
Depuis ma banlieue, cette ville m'attirait comme le plus beau des joyaux. Parfois nous sortions à Lyon, avec mes parents. J'étais émerveillée par les lumières de la ville, tout simplement.

cartes_vieuxlyon

Et par les immeubles. Les immeubles anciens, comme ressurgis des contes que je lisais à l'époque. Surtout le quartier Saint Jean, avec ses cours, ses escaliers en colimaçon, ses rues secrètes qui passent sous les immeubles. Et des rebords de fenêtre en pierre dorée. Ah ces rebords de fenêtre ! Un vrai décor pour jouer Roméo et Juliette, ou Barbe Bleue...

Aujourd'hui encore, je suis fascinée par cette ville...

QuaiSaone

Cette ville a tout pour elle. Deux fleuves (plus précisément, une rivière et un fleuve) et deux collines. Donc des méandres, des courbes, des creux et des monts qui accrochent la lumière. Des quais colorés et des quais arborés. Des monuments imposants et de grandes rues rectilignes en centre ville. Des ruelles tortueuses tout en escaliers, dans les quartiers historiques des collines.

Car cette ville a un passé, que j'ai découvert petit à petit. Toute une richesse. Comme les pièces d'un puzzle qui s'assemblent pour me faire découvrir ce qu'est l'identité lyonnaise.
Etudiante, j’étais proche du quartier où les gallo-romains nous ont laissé une fabuleuse salle de concert à ciel ouvert. Le quartier appartenant en partie au clergé, en haut de la colline, avec une vue somptueuse qui ouvre jusqu’au Mont Blanc les jours où le ciel est clair.

Après une période "d’exil" (à moins de 100km !) j’ai enfin pu habiter Lyon, et je ne l’ai plus quittée

Pentes2

D’abord pour habiter dans un quartier où les soyeux, les "canuts", ont construit ces immeubles si particuliers, en haut de ces pentes et ces traboules où ils transportaient la soie à travers les immeubles.

J’habitais, comme dans mes rêves, un appartement avec rebords de fenêtres en pierre et poutres au plafond. Et cela me faisait rêver. Mais ni Roméo ni Barbe Bleue ne sont venus me sortir de mes rêves ! Par contre j’ai découvert un quartier très vivant, autour de son marché, de ses commerçants et des petites places où les soirs d’été on peut jouer aux boules. On peut aussi facilement descendre le long des pentes, boire un pot ou manger dans un bouchon le soir en centre ville, et remonter à pied, quand les derniers bus sont passés…

Et puis le prince charmant, comme dit la chanson, est parti avec la belle au bois dormant. J’ai décidé de changer. J’ai reposé les pieds sur terre et j’ai trouvé un quartier plus excentré, moins côté, plus dans mes moyens. Plus résidentiel, plus métissé, et plus plat aussi, ce qui est bien pratique pour se déplacer à roller, ou utiliser ces drôles de vélos en libre service qui sont partout maintenant. Quelle innovation intéressante, les vélo’v. Car autant qu’une ville d’histoire, Lyon sait être une ville créative. Les murs peints, ou le premier film des frères Lumière en témoignent.

Dans quelques jours, je déménage, toujours dans le même quartier. Mon adresse se terminera encore par ce nom de ville à quatre lettres. Une ville que je crois j’aurais bien du mal à quitter...

Crédits photos : site internet de l'office de Tourisme et site de la Ville de Lyon  .CxRousseVue


Posté par arianebobine à 21:31 - Lyon - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 janv. 2007

Le marché de la Croix-Rousse

Samedi dernier, j'ai eu l'occasion de retourner au marché de la Croix-Rousse. C'est un endroit extraordinaire, un haut lieu de Lyon. J'habitais tout près avant.
Imaginez un boulevard aux trottoirs larges, bordés d'arbres hauts. Les forains s'installent au choix côté immeubles ou côté rue, et le marché se déroule donc entre ces deux rangées d'étals (*). Et cela, tous les matins de la semaine, sauf le lundi.

DSC03083L'avantage d'un marché, cela va sans dire, c'est la fraîcheur et la saveur des produits cueillis à maturité. Du petit producteur des Monts du Lyonnais qui vend ses salades ou ses pommes, à votre cabas, il n'y a pas plus d'une journée d'attente. C'est logique, un légume qui n'est pas passé par un marché de gros, un camion frigorifique et mis sous cellophane dans un supermarché garde mieux ses arômes. Cueilli le plus tard possible, il a profité longtemps du soleil et de la terre avant de se  retrouver dans votre assiette.

Si vous n'êtes pas convaincus, il suffit d'y goûter. Avant même de goûter, il faut sentir, et l'odeur participe également au plaisir des achats. Même en hiver, les légumes, les fromages, les viandes, captent l'attention de votre nez. Faire son marché est un plaisir sensuel.

Un plaisir de ce marché de la Croix-Rousse, est d'avancer lentement au milieux des étals, entre les amoncellement de légumes et de fruits. A perte de vue. Plus qu'un plaisir visuel, c'est un émerveillement devant la diversité de ce qu'on peut y découvrir. Tous les produits de la région se retrouvent ici, les fromages de chèvre de la Drôme, les reblochons et tommes de Savoie, les saucisses séchées dans les Montagnes de Haute Loire. Les Monts du Lyonnais sont les jardins de Lyon, et en été fournissent des cerises et des abricots délicieux. Les produits de la région, mais aussi de la volaille, de la charcuterie, du miel, des fruits exotiques, des pains turcs, des nems, des champignons...

Il en est des gens comme des légumes et des fruits sur ce marché : une grande diversité. Il y a le gars qui parle comme Roger Hanin et qui vend de superbe champignons (voir les pleurotes en photos), en m'ajoutant deux brins de persil dans le sac. Deux femmes d'âges mûrs, qui vendent des petites salades tellement goûteuses, rougettes et sucrines, elles-aussi ajoutent toujours une branche de céleri à votre panier, pour parfumer la soupe. Le marchand de fruits exotiques, cagoule sur la tête alors que la température s'écrit à deux chiffres, qui propose des mangues et des ananas murs à point. Il blague et fait goûter, il y a toujours foule devant son étal. Et parfois, merveille, il a des fruits de la passion. Un régal, très cher bien sûr, mais j'en achetais parfois deux pour le plaisir de les manger tout de suite au retour du marché. Et puis le marchand d'agrumes, très brun, très charmeur, avec son pendentif de la Corse énorme qui dépasse de sa chemise entrouverte. Le boucher arabe qui vend de l'agneau aussi tendre que lui-même a l'air gentil. Mention spéciale au fromager, qui me rappelait quelqu'un de disparu et à qui apparemment je rappellais aussi quelqu'un et qui me faisait des prix sur le parmesan...

Sourires, blagues, échanges, complicité, diversité... Chaleur humaine. Venez la cueillir au marché...

(*) Certains font leur marché sur la Place de la Croix-Rousse, et pourraient s'étonner que je ne le mentionne pas, mais il s'agit pour moi d'un autre marché. Je pense que la situation tout en longueur du Boulevard participe au caractère particulier de celui que je décris. Il y a également un autre marché superbe à Lyon, quai des Célestins, qui reproduit ce schéma tout en longueur. Il a le charme incroyable de border la Saône et d'avoir vue sur le quartier St Jean...

Posté par arianebobine à 08:47 - Lyon - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 déc. 2006

Hier, 8 décembre

rangee_bougiesDix-huit heures. Je suis devant le Théâtre des Célestins. Ce n'était pas par là que je pensais commencer, mais une foule inhabituellement oppressante m'a fait sortir du métro plus tôt que prévu.
Devant le Théâtre, des lances brumisantes tissent un rideau aquatique sur lequel sont projetés des insectes lumineux.
Papillons, abeilles, hannetons, libellules apparaissent sur le rideau d'eau, tournent, puis s'écartent et vont finir sur les murs entourant la place... L'illusion de printemps est appuyée par des senteurs de jasmin et une musique de Mozart revisitée, bzzisée pour évoquer le bruissement des insectes dans une prairie. La magie opère, les odeurs, la musique et ces projections étonnantes me font oublier un instant que le parapluie du monsieur de devant m'empêche d'avoir une vue panoramique ! Car il pleut beaucoup en ce 8 décembre 2006...

J'ai oublié mon appareil photo. De toutes façons il n'avait plus de batterie, et tant pis, je profite mieux de l'instant quand j'essaye de le fixer dans ma tête. J'espère que yocahuma aura mis des photos sur son blog...

J'avais vu sur le programme la mise en scène de la cour de l'Hôtel de Ville. Pour cela je longe la Place des Jacobins, ou des artistes essayent de nous faire imaginer le décollage de la fontaine par flashs et éclairages stroboscopiques. Passons les Grandes Rues commerçantes illuminées que je trouve sans âme, pour nous retrouver derrière l'Hôtel de Ville ou les parapluies font la queue. Je ne regretterai pas l'attente. Les balcons, les statues, tous les pleins et les déliés de cette cour habituellement monochrome sont mis en relief par des lumières de couleurs vives. Fushia, orangés, bleus cobalt. Ces couleurs qui pourraient évoquer des bonbons écoeurants mettent étonnamment en valeur le bâtiment. Le transforment. Nous sommes ailleurs, dans un palais de féerie, et la petite fille en moi s'émerveille de découvrir un faune-fontaine qu'autrement je n'aurais pas remarqué.

Place des Terreaux. L'installation à base de ballons blancs lumineux ne fonctionnera pas. Noyée par la pluie. Je décide de gravir les pentes de la Croix-Rousse. J'aurais pu monter en métro, mais monter à pied me fait moins peur qu'affronter à nouveau la foule. Et j'en profiterais mieux. Je retrouve les traboules que je connaissait mieux dans l'autre sens. Une traboule est un passage, entre deux rues parallèles, par les entrées des immeubles et la cour intérieure qui les sépare. Les artisans de la soie, les Canuts, utilisaient les traboules pour traverser plus vite à pied et être au maximum à l'abri de la pluie. Ce soir, je l'apprécie. La première traboule est décorée de tournesols givrés lumineux, la deuxième de légumes géants. Ballade surprise. 

Sur une petite place, une installation tente d'exister : des centaines de lumignons accrochés à des branches d'arbres, qui tentent d'éclairer des papillons faits de bouteilles plastiques récupérées. L'idée est bonne, mais la pluie incessante éteint ces lumières plus vite que les auteurs n'arrivent à les rallumer. Plus loin, la Cour des Voraces est décorée de grandes bobines de fil de soie suspendues et éclairées de couleurs douces. Comme un hommage à ces artisans Canuts dont la révolte a été matée ici. Ambiance recueillement.

Place Colbert, pause vin chaud en regardant des projections de photos de paysvoisinsages. Il n'y a presque personne dans ce coin, mais j'ai plaisir à déambuler dans ce quartier. Souvenirs d'avoir habité en haut de ces pentes et d'avoir souvent pris ces chemins de rues en escaliers et en cours intérieures. Les façades austères adoucies par les lumignons, le charme puissant des Pentes de la Croix-Rousse me reprend. Avec ces appartements plus que centenaires, hauts de plafond pour rentrer le métier à tisser, matériaux chaleureux des poutres, parquets et tomettes... Ces lieux chargés d'histoire restent encore peuplés de lieux alternatifs, de petits cafés ou de clubs de musique. Beaucoup plus de charme que les grandes avenues du centre ville. Traboules, escaliers, ruelles, un urbanisme à taille humaine tout en recoins qui nous parle d'un temps ou la voiture n'existait pas et où la vie tournait autour de la soie.

La soie justement, il en est question lorsque j'arrive Montée de la Grande Côte. D'en haut, on passe sous un dais de fils de soie lumineux. Les fils viennent se rassembler depuis des cocons géants installés dans les arbres le long de la descente, formant une trame de plus en plus large. Dévider la soie, former un écheveau, j'ai vu cela une fois et c'est très bien rendu. J'apprécie le point de vue sur la ville illuminée en contrebas. Les ponts de la Saône sont enguirlandés et j'irais bien voir de plus près.

En prenant vers la droite pour rejoindre la Saône, un moment magique m'attend encore. Du haut d'un escalier, je découvre un labyrinthe de lumignons posé dans l'amphithéâtre des trois Gaules. Je descends et m'approche. Le "labyrinthe de lumière" est dessiné de cailloux, au long duquel les visiteurs doivent déposer une bougie. Je longe un moment le tracé du labyrinthe, faisant tours et détours au son d'une musique syncopée jouée par un quatuor de cuivre. "Vous pouvez faire une prière en posant le lumignon" m'avait invitée la dame à l'entrée. OK. Je prie pour qu'il y ait toujours des gens pour faire de tels gestes inutiles et poétiques... Je m'approche des musiciens qui jouent sous la pluie. Ils sont habillés de noir et portent une lampe frontale pour voir leur partition ! Étonnant ce tango argentin joué par trompettes et tubas. Lui aussi participait à l'ambiance et à l'évasion de ce moment irréel...

bougie__teinteJe quitte la Croix Rousse, longeant la Saône et son beau panorama, avant de m'engouffrer dans la rue St Jean noire de monde. J'étais là il y a six mois, pour la fête de la musique, et il y a autant de monde, malgré l'humidité. J'arriverai au métro sans avoir vu l'animation de la place de la Cathédrale, inaccessible.

De retour dans mon quartier, beaucoup plus calme, quelques voisins ont joué le jeu et les lumières tremblotent le long des fenêtres et balcons. A mon tour. Certaines de mes bougies s'éteignent, vaincues par une goutte venue s'écraser juste sur la mèche. Mais la plupart résistent.

Les gens disent que la tradition s'est perdue, qu'on met moins de bougies qu'avant, qu'il n'y en a pas à toutes les fenêtres. Peut-être, hier je me suis réjouie de celles qui restent encore allumées...

Posté par arianebobine à 17:38 - Lyon - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 nov. 2006

8 décembre

8 décembre. Fête des lumières.
Quoi de plus beau à fêter que la lumière en cette période où elle se fait si rare ?
Quoi de plus inutile, de plus poétique que ces personnes qui allument des petites bougies, et les déposent sur le bord de leurs fenêtres ?
Comme une prière. Comme un espoir que le jour reviendra.

Fête Lyonnaise, une tradition qui me ramène aux soirs où, gamine, je voyais maisons et immeubles s'illuminer.
"Maman, pourquoi nous on ne met pas de bougies aux fenêtres ?" Parce que c'est une fête religieuse et que nous ne sommes pas religieux ?
Aujourd'hui je me rattrape et j'aligne ces petites flammes vacillantes au bord de toutes mes quelques fenêtres... et je regarde les voisins en faire autant.
Une lumière douce se dégage de ces lumignons. Et d'un coup les immeubles se colorent en pastel, les lyonnais descendent dans les rues. Souvenirs de Lyon, en vrac, les premières vitrines de Noël, les fontaines de chocolat, les guirlandes qui ornent les branches nues des arbres de la Rue de la République. De grandes ballades de nuit dans cette ville qui fait toujours battre mon coeur...

fete_des_lumieres
Crédit photo Ville de Lyon (www.lyon.fr)

J'aime cette fête parce qu'elle est facultative. Parce que la vue de tous ces lyonnais qui sortent de chez eux par ce froid, pour le plaisir de se promener dans des rues embellies, un verre de vin chaud à la main, ça me fait chaud au coeur...

Cette fête dérive, mais reste sans obligation d'achat. Une fête créative pour tous. Les municipalités successives ont eu l'idée d'éclairer les bâtiments, parfois de manière très originale, de faire des shows, son et lumière, pour mettre le patrimoine en valeur. La fête se prolonge sur plusieurs jours, mais pour moi la "vraie" fête, c'est le 8, ce sont ces petites flammes qui s'allument.

Parce que derrière ces milliers de bougies, il y a des milliers d'êtres qui les allument, qui les posent à leur fenêtre, ensemble. De ce geste simple et inutile, reproduit par le nombre, naît de la magie... pour moi, et je pense pour beaucoup d'autres...

Posté par arianebobine à 21:03 - Lyon - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1