21 oct. 2007
Confiance en soi
Il y a peu, Corinne a fait paraître sur son blog un billet sur l'Estime de soi.
Un sujet vraiment intéressant, notamment lorsqu'elle parle du "matraquage visuel médiatique" culpabilisant et qui n'aide pas à l'estime de soi. Réflexions qui me rappellent aussi des échanges avec Claire.
Je n'ai pas beaucoup bloggué ces derniers temps, j'ai laissé passer la réponse. En fait, pour donner quelques nouvelles, j'arrive à six mois et demi de grossesse. Je me sens mieux après une période où j'ai dû lutter contre divers virus qui m'ont bien fatiguée. Mais le soir après le travail, me remettre à l'ordinateur est au dessus de mes forces...
Je n'ai pas répondu non plus car ce que j'avais envie de dire ne se résumait pas en quelques mots.
En fait, cette notion d'estime de soi m'a fait penser à mes connaissances, et à la perception qu'ils me donnent de leur propre estime.
J'ai l'impression que ce n'est pas ceux à qui la vie a le moins fait de cadeaux, qui ont le moins d'estime pour eux mêmes.
Comme si rencontrer des barrières les avait aidé à construire leur personnalité. A moins que la différence ne leur ai donné la force de dépasser les apparences ?
Voici quelques portraits, les prénoms ont été changés bien sûr.
- Géraldine, 28 ans, jeune femme vive, née avec une malformation d'un bras. Qui a passé son permis et conduit des voitures avec boîtier automatique. Qui travaille dans la gestion dans une région où trouver un emploi n'est pas chose simple. Qui a rencontré un apprenti cuisinier qui est devenu son mari il y a huit ans, leur fille a maintenant six ans.
- Bénédicte, 35 ans, belle brune dont la démarche trahi, à qui prête attention, le fait qu'elle n'a qu'un pied. Qui a fini par trouver un homme qui n'avait pas honte d'elle à la piscine ou à la plage lorsqu'elle enlevait sa prothèse. Ils viennent d'avoir leur deuxième fils. Après avoir testé la planche à voile, elle rêve de faire du parachutisme.
- Tina, 35 ans, franchement en surpoids et avec un passé lourd d'une famille qui lui a toujours fait croire qu'elle était fragile et capable de rien. Qui a fini par larguer un mari qui la méprisait. Qui a repris des études pour avoir un travail intéressant. Qui s'est battue contre sa belle-famille pour récupérer la garde de sa fille. Qui a rencontré un nouvel homme avec qui refaire des projets de vie commune. Qui ose se mettre en maillot de bain pour aller à la piscine régulièrement, et trouve cela bien agréable de nager...
- Gérald, 41 ans, le bel homme aux cheveux noirs qui ose enfin se dire que s'il n'arrive pas à fonder une famille comme monsieur tout le monde, ce n'est peut-être pas très grave. Qui arrive enfin à dire qu'il se sent bien dans sa vie de célibataire. Qui fait de nouveaux projets dans cette vie sans culpabiliser de ne pas les faire à deux.
- Jeanne, 40 ans, brune, harmonieusement proportionnée, mais qui pense toujours être trop grosse, pas assez bien, célibataire, et qui de toutes façons a baissé les bras. Trop tard maintenant, "aucun homme ne s'intéresserait à moi". Est-ce pour être sûre de ne pas être déçue ? Elle dit qu'elle est trop difficile de toutes façons.
- Dany, 37 ans, grande blonde et mince. Qui a vécu un terrible
abandon à la naissance et à bien du mal à s'en remettre. Qui semble toujours trouver incroyable qu'un homme l'aime, même si ce n'est pas toujours pour sa sensibilité et son intelligence. Alors qui se lance dans des histoires amoureuses dont elles ressort si souvent déçue.
- Vincent, 34 ans, le genre de mec sympa, mignon et plein d'humour, qui en rajoute peut-être un peu parfois. Parce qu'il ne se sent pas sûr de lui ? Qui a perdu son boulot mais ne cherche pas vraiment. Qui semble vivre sa solitude comme une fatalité, laissant glisser sa vie derrière une console de jeu.
En repensant à toutes ces personnes, à ce que je sais de leur vécu, j'aurais tendance à dire qu'avoir une apparence extérieure proche de celles qu'on trouve à la télévision ou dans les magasines n'est pas un gage d'estime de soi.
Il me semble qu'un enfant en qui ses parents ont eu confiance, malgré les apparences, et qu'ils ont poussé à progresser sans à priori (le cas de Géraldine est le plus flagrant) et à dépasser les obstacles, est bien mieux armé en estime de soi que le plus bel enfant qui viendra illustrer les magazines de mode.
Pour ceux qui n'ont pas eu cette chance, et je pense à Tina et Gérald, il faut avoir eu le courage de creuser sa vie, son enfance, de comprendre où est la faille, pour arriver à la dépasser.
Et à regagner l'estime de soi que tout un chacun mérite...
20 août 2007
Sa petite entreprise...
Cette jeune femme avait fait des études d'informatique. Elle travaillait dans une grande ville. Et puis finalement, elle a décidé de reprendre une entreprise un peu particulière...
Celle de ses parents...
Une petite structure dans la montagne, vingt vaches, vingt cinq peut-être, quelques chèvres, et la fabrique d'un fromage d'Appellation d'Origine Contrôlée.
Un sacré sacerdoce ! Difficile de laisser le navire...
Les vaches n'attendent pas. Il faut les traire le matin, puis les sortir, puis les rentrer le soir pour une nouvelle fois leur tirer le lait. Le lait ne peut attendre d'être transformé en fromage. Et cela tous les jours de la semaine.
Et par dessus gérer la comptabilité, les investissements pour moderniser la collecte du lait. Gérer l'hygiène, les services vétérinaires. Prévoir les coupes de foin, pour nourrir le bétail l'hiver. Gérer sa famille aussi, le troisième vient de naître, le mari travaille dans la vallée, jongler entre les parents et la nounou.
Parfois je me demande comment elle fait. Moi qui n'ai pas eu d'éducatio
n religieuse, j'envie un peu sa foi incroyable. Celle dont elle a fait preuve lors de son premier accouchement, ce jour-même où elle a perdu l'enfant, et où le faire part qu'elle nous a envoyé à tous annonçait un décès.
Est-ce cette même foi qui lui a donné la conviction de partir dans cette voie, reprendre la ferme et plaquer son boulot d'informaticienne ? Est-ce cette foi qui a su persuader son mari de laisser leur vie d'avant et de partir dans cette aventure ?
Est-ce elle qui lui donne la persuasion pour négocier les prêts. Et pour négocier avec la commune pour garder les terres agricoles contre les promoteurs ?
Elle entraîne tout le monde dans son sillage, ses amis les premiers, car si on veut la voir ou avoir des nouvelles, il faut grimper dans sa montagne...
30 mars 2007
Celui qui oublie
Ce soir il a du monde chez lui. Des musiciens, ça va être cool.
Il y a deux guitaristes, un batteur, et des choristes aussi. Des musiciens de rock, des vrais, qui font des concerts. Ils vont faire un boeuf, peut-être ? Ils viennent avec leur look de musicien, ça le change. Ça lui permet d'oublier son boulot, où on lui demande de mettre une cravate. 
Oublier, c'est bon. On va sortir du vin blanc. C'est bon. Le vin blanc va couler à flots, il en a prévu suffisamment. Il se doute que les musiciens viennent pour ça. Ils aiment ça. Et lui aussi. Ça lui permet de ne pas penser.
Ecouter la musique, rire, vibrer. Ça lui permet de rêver qu'il est aussi musicien, qu'il n'a pas ce job, qu'il aurait pu être un artiste.
Ça lui permet d'éviter sa femme et ses questions.
Comme toutes les femmes, elle se pose des questions. Elle lui pose des questions, c'est pas drôle. Pourquoi se poser des questions alors qu'on peut être dix à la maison ce soir ? Rire autour d'un plat de pâtes et quelques verres de vin blanc plus tard, avec les guitares qui swinguent et les rires qui continuent ?
Avoir l'impression, rien qu'un soir, qu'il partage avec eux cette vie de bohème. Ne plus penser que demain il va falloir se lever,
aller travailler. Ne plus penser que demain il n'aura pas envie de rentrer parce que sa femme va lui poser des questions. Ne plus penser à ces questions de famille, la famille qui met une cravate, la question de fonder une famille. Sa famille, question qui le mine depuis l'enfance. Question qu'il fuit depuis l'enfance ? Mais il ne veut pas savoir pourquoi, il ne veut pas se poser de questions. Il l'a dit, déjà : il a peur de ce qu'il pourrait trouver.
Alors la nuit s'avance, les guitares et les rires continuent, et le vin blanc tourne dans sa tête pour lui permettre d'effacer les interrogations...
08 mars 2007
Celui qui choisit
Il a de doux yeux noirs. Bordés de très longs cils qui lui donnent un regard tendre, presque féminin.
Pourtant, derrière ce regard tendre, il y a la forte volonté de quelqu'un qui a dû faire un choix...
Quand je l'ai connu, nous étions étudiants, et je crois que c'était une période charnière de sa vie. J'ai tout de suite aimé ce geste qu'il fait lorsqu'il dit bonjour. Porter sa main sur son coeur. Comme pour marquer l'importance de son interlocuteur.
Un geste lié à sa culture, sa religion, ses racines. Sa religion, une manière de se construire, d'appartenir.
Sa religion, une différence, certainement, sa marque de fabrique dans notre petit groupe de copains.
Ne pas boire d'alcool est déjà une différence, pas toujours facile à justifier dans des soirée étudiantes.
Ce week-end qu'il a partagé avec nous en période de Ramadan n'a pas dû être facile non plus. Il allait, à l'heure de midi, se reposer à l'écart. Nous voir manger devait être difficile, tenir le coup, mais surtout ne pas partager ce moment. Que pouvions nous faire ? Partager tous les autres moments, continuer à l'inviter.
Il l'a voulu, et il l'a eu son diplôme, et il l'a même plus mérité que n
ous, cumulant les études, petits boulots, le Ramadan, les démarches de régularisation... Et aussi, j'imagine, le regard de sa famille traditionnelle musulmane sur son style de vie de futur ingénieur.
J'imagine, car je ne l'ai pas connue cette famille, les filles du groupe évitaient de lui téléphoner pour ne pas lui créer d'ennuis.
Quand il a commencé à travailler, il a fait le grand écart, entre le monde de l'entreprise, de rentabilité et performance, et ses racines algériennes, les traditions, l'importance de la famille, l'humilité de la condition de son père.
Ce qu'il avait réussi à concilier pendant ses années d'études, il n'a pu le faire avec cet emploi. Alors, difficile de respecter la tradition du jeûne. Difficile de ne pas essayer l'alcool, pour boire un pot avec les collègues après le travail.
Il la voulait, la nationalité française, il l'a eue. C'était une question de survie de ne pas retourner faire son service en Algérie dans ces années là. Une question de survie de faire comme les autres au travail, pour obtenir la place qu'il méritait par ses compétences.
Au sens où on l'entend en France, il a réussi, il a gravi les échelons, il a acheté une belle voiture, il est sorti de sa banlieue... L'homme doux plein de convictions et d'humanité s'est transformé en jeune cadre, peut-être fasciné par cet argent que ne peut gagner sa famille.
Quelque part, pour la beauté du geste, de ce geste si humain que j'avais remarqué la première fois, je regrette un peu l'ami du début.
Mais quelle légitimité ai-je pour regretter, moi qui n'ai pas eu ce choix à faire ?
19 févr. 2007
Filiation
Peu de temps après mon billet intitulé "les cheveux noirs", ou il est question d'un ami découvrant sa filiation à 32 ans, je lis sur internet la nouvelle suivante : "Entre 150 et 200 personnes se sont rassemblées samedi
place du
Trocadéro, pour réclamer la suppression de l'accouchement sous X et du
secret de la filiation". Ils veulent sensibiliser les candidats "à la souffrance des enfants sans filiation".
Ce combat m'interpelle. D'abord qu'est-ce que la filiation ?
Pendant mon enfance, à propos d'une cousine adoptée, on m'avait dit qu'elle le savait, mais que ses vrais parents, ce sont ceux qui se sont occupés d'elle. Je trouvais cela beau.
Au lycée, je rencontre une amie qui, elle aussi, sait qu'elle a été adoptée. Je me rend compte de la difficulté qu'elle a à le vivre. Cet abandon qu'elle a vécu tout bébé, c'est comme si elle s'en souvient encore. Marqué dans sa chair. Cela marque toutes ses relations aux autres. Je la vois toujours, souvent, et je constate que sa vie tourne beaucoup autour de la peur de cet abandon. Elle en est consciente, mais c'est tellement ancré profondément chez elle.
Arrivée à l'âge adulte, elle a cherché à comprendre. Elle a cherché son dossier, elle a fini par le trouver. Il était vide. Marqué d'un X. Déception bien sûr. Et s'il n'avait pas été vide ? Aurait-elle trouvé des réponses à ses questions ? Une réponse peut-elle effacer sa douleur ?
Rencontrer une personne dont la vie a toujours été étrangère à la sienne, ne rien trouver de familier dans cette personne, c'est risquer aussi une profonde déception.
Depuis que je la connais, ce sujet m'interpelle. Parce que cette amie, même si je n'ai aucune filiation commune avec elle, j'ai l'impression que c'est ma soeur... Le texte ci-dessous la concerne.
Elle est là, la réponse. Devant elle. Proférée il y a un instant par son médecin. Elle est enceinte.
Le même médecin qui lui disait qu'elle aurait des difficultés à enfanter lui annonce aujourd'hui qu'elle attend un enfant. Malgré le contraceptif, mais elle a peut-être oublié de le prendre, une fois, et de toutes façons elle pensait qu'elle aurait du mal à en avoir. De toutes façons, la maternité ce n'est pas pour elle. Elle n'en a pas envie, et encore moins dans ces circonstances.
Pourtant, les derniers mois, elle sentait bien quelques changements dans son corps. Elle avait attribué cela à l'arrêt de la cigarette. Maintenant elle sait pourquoi elle a arrêté de fumer. Et là, elle commence tout juste à réaliser...
Elle comprends ce qu'on lui dit, mais elle n'accepte pas. Elle reçoit les informations, en état de choc, et repense à cet homme que depuis elle a quitté, et qui n'est pas là pour savoir qu'il est père. Pour lui, ce sera simple, de nier qu'il est le père. Il y a plus d'un mois qu'ils se sont séparés, et cet homme jaloux l'accusait déjà d'aller voir ailleurs.
Pour lui, ce sera simple. Pour elle c'est déjà compliqué. Dans sa peur d'affronter la vérité, elle a laissé passer le délai légal pour avorter. Avorter, ce mot lui semble un peu comme une injure. Est-ce qu'elle l'a fait consciemment ? Elle ne le sait pas, et à l'heure actuelle le problème n'est pas là. Le problème est qu'il faut choisir.
Le premier choix est d'avoir un enfant illégitime non désiré. De l'assumer, pour le restant de sa vie. De l'élever, seule.
Le deuxième choix est de partir à l'étranger, pour commettre un acte répréhensible aux yeux de la loi française, et contraire aux principes catholiques selon lesquels elle a été élevée.
Un choix déchirant, elle se laisse encore une semaine pour décider. Une semaine à peser le pour et le contre. Une semaine à pleurer, beaucoup.
Finalement, elle gardera l'enfant, même si le père nie en bloc. Est-ce que les principes ont gagné ? Sûrement, c'est difficile d'affronter une double faute religieuse et républicaine.
Et pourtant, je ne peux m'empêcher de penser que si cet enfant elle l'a gardé, c'est parce qu'elle n'a pas voulu l'abandonner, elle.
06 févr. 2007
Les cheveux noirs
Il parait plus jeune que son âge. Peut-être est-ce l'effet de son style d'habillement. Soucieux des tendances et de son apparence. Sans soute est-ce l'effet de ses beaux cheveux noirs, épais, ondulés, pas encore dégarnis.
Ses beaux cheveux noirs qui trahissent ses origines...
Pendant si longtemps il a voulu croire que ce n'était qu'un pied de nez de la génétique. Ses cheveux noirs au milieu de sa blonde famille.
Il y a moins de dix ans de cela, il a découvert une vérité que sans doute il pressentait. Une vérité si dure, refoulée. Son père biologique avait bien les cheveux noirs et des origines orientales. Son vrai père, lui a caché la vérité, pendant trente ans. Oh quelque peu, puisque c'est lui qui l'avait accepté en connaissance de cause, élevé, il avait bien droit à de prétendre au titre de père. Bien sûr.
Mais quand même, trente ans à ne rien lui révéler de ses origines. Pour le bien de son fils ? Pour la paix de toute la famille ? Pour éviter le scandale ? Le scandale de révéler que sa mère était allée voir ailleurs, et qu'elle avait trouvée des bras orientaux bien chaleureux, et que de cette chaleur était né un enfant.
A qui en vouloir ? A son père qui voulait le reconnaître comme son propre enfant ? Acte d'amour, d'adoption, mais acte basé sur une vérité biaisée. Question éludée : pourquoi je ne ressemble pas à mes frères et soeurs ? Quelle réponse a pu le rassurer sur l'instant, mais laisser l'enfant seul avec ses interrogations ?
En vouloir à sa mère ? Elle aussi actrice du mensonge, rongée par la culpabilité de ses agissements ainsi mis à jour. Elle a eu le courage d'en parler à son mari. Le courage ? Qui peut juger ce que ressent une femme enceinte d'un enfant qui n'aurait pas dû être là ? Le poids de la culpabilité, elle le portait dans son ventre, il fallait bien en faire quelque chose. Son mari lui propose de l'accepter, de l'adopter cet enfant. Jusque là tout va bien, mais comment gérer cette vérité ?
La nier, l'enfouir, et tenter de construire une famille avec deux enfants blonds et un enfant aux cheveux noirs. La cacher, même si la famille explose, le divorce des parents. Trop de non-dit dans le couple ?
Il ne le sait pas. Ce qu'il sait, c'est la douleur de découvrir cela trente ans après. Comme si pour ses parents son ressenti à lui n'avait eu d'importance. Comme si cela ne pouvait pas le gêner, lui, dans la construction d'une famille. Comme si les secrets de famille ne ressortaient jamais. Comment avoir confiance dans les femmes si elles peuvent avoir des enfants ailleurs ? Comment avoir confiance dans l'autre s'il peut mentir pendant trente ans ?
Peut-être un jour fera-t-il la paix avec cette vérité. Peut-être ce jour là fera-t-il son âge, et la couleur de ses cheveux rejoindra celle des cheveux de son père, qui sont maintenant blancs...
09 janv. 2007
Portrait en 7 actes
Voici mon portrait, à la manière suggérée par Claire sur son blog (au passage, merci Claire d'avoir pensé à moi) http://avisagedecouvert.over-blog.com/article-5175776-6.html
Les 7 choses que je fais bien (si j'ose dire que je fais bien quelque chose)
- Planifier, organiser. C'est devenu une déformation professionnelle. Au point que si on fait une sortie entre copains on me sollicite pour organiser les courses du pique nique, qui apporte quoi et tenir les comptes pour que ce soit équitable... Je me soigne et de plus en plus je le laisse aux autres...
- Lire une carte et me repérer dans un endroit où je ne suis jamais allée si j'en ai le plan.
- Parler espagnol, j'adore ça, mais j'en ai bien peu l'occasion.
- Acheter des légumes au marché et les cuisiner : aux épices, avec du vin blanc, des lardons, en soupe, en gratin, etc. Pour la viande, c'est autre chose..
- Ecouter une personne et tenter de lui faire prendre du recul sur sa situation.
- Du roller, même s'il me reste tellement de progrès à faire, surtout en freinage.
- Repérer les oiseaux dans le ciel, dans les arbres autour de moi. Hier j'ai vu une mésange bleue en buvant mon café au boulot..
- Ecrire (enfin j'espère ?)
7 choses que vous ne pouvez / ne savez pas faire :
- Me maquiller, je ne sais pas faire, et je crois que ça ne m'intéresse pas beaucoup.
- Regarder un film d'horreur ou très violent (et faire la différence entre le cinéma et la réalité).
- Dormir vraiment tard le matin, après 10h.
- Travailler au milieu du bruit, ou avec de la musique, ou avec une personne qui parle à côté.
- Faire du ski, j'ai très peu de pratique, et une vraie appréhension.
- Arrêter de réfléchir (mais où est le bouton stop) à toutes sortes de choses qui me traversent la tête (heureusement il y a le blog pour en écrire un peu).
- Me sentir à l'aise dans un lieu très branché
7 choses qui vous attirent dans le sexe opposé
- Le sourire
- L'humour
- La gentillesse
- L'imagination, la fantaisie
- La sensualité
- Le naturel
- La sincérité
7 choses que vous dites souvent
?? je ne sais pas
7 célébrités que vous aimez
Je ne suis pas du genre "fan de". On va dire au cinéma Charles Berling et Charlotte Rampling (c'est drôle comme ces deux noms se ressemblent), sinon côté musique Kent (j'aime bien le bonhomme et ses textes).
D'autres que j'aurais pu admirer vraiment si j'avais vécu à une autre époque : Ella Fitzgerald, Gauguin, Velasquez, Michel-Ange.
Les 7 personnes invitées à prendre la suite
- Yocahuma, si tu passes par là..
- Ceux qui le souhaitent et auxquels je n'ai pas pensé...
31 déc. 2006
Une jeune femme pas banale
Ce n'est pas original, mais tant pis, je souhaite une très bonne année 2007 à tous ceux qui passeront sur ce blog.
Puissiez-vous avoir comme cet arbre la force de tenir l'hiver, le givre, les épreuves, en attendant le printemps...
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Il y a deux ans, très exactement, je prenais le train pour me rendre à un réveillon dans le Sud. Je voyageais seule. A côté de moi est venue s'asseoir une jeune fille. Entre dix-huit et vingt ans, toute fraiche, assez mignonne.
Nous avions trois heures de train à voyager côte à côte, nous avons assez vite fait connaissance.
Elle se rendait comme moi à un réveillon, pour rejoindre son copain, et après quelques banalités d'usage, nous avons assez rapidement parlé de nos vie.
Que fait-elle de sa vie cette jeune femme ? Elle apprend à être Maréchal-Ferrand.
Un métier pas courant déjà, et pour une femme encore moins. Un métier pour elle, car elle adore les chevaux, et c'est un très bon moyen d'être à leur contact. Même si elle a eu quelques difficultés pour trouver son stage, car ce métier n'est visiblement pas encore très ouvert aux filles.
J'ai trouvé cela génial de faire ce qu'elle aimait, à contre-courant des idées reçues, et je lui ai dit.
Deux ans après, j'espère qu'elle a réussi à réaliser son rêve, et je le souhaite aussi à tous ceux qui ont envie de sortir un peu des sentiers battus !
27 déc. 2006
Grand-parents
La lecture du billet de Tim sur une femme de 80 ans, Jeanine, m'interpelle.
http://schmetterlinge.over-blog.com/article-4732268-6.html
Je ressent l'apaisement qu'il trouve à aller voir cette femme.
Je retrouve le lien que j'avais tissé avec mon grand-père. Je retrouve dans ce qu'il décrit d'elle, la simplicité de notre relation. Ne jamais être jugée, toujours être appréhendée avec tendresse.
Tim découvre la lecture avec Jeanine, j'ai découvert la nature avec mon grand-père, un autre genre de culture, plus terrienne, qui me changeait de mon univers citadin et intellectuel.
Mon grand-père avait ce que j'appellerais un "jardin ouvrier", un lopin de terre non constructible, pas à côté de sa maison. Pour moi c'était le paradis sur terre. Un jardin au bord du Rhône, au sud de Lyon. Une terre inondable, super fertile. On accédait par une petite porte en métal peint, avec des rosaces en fer forgé. La porte du paradis, entourée de murets suffisamment hauts pour garder secret ce qu'il y avait derrière... Une fois la porte poussée, on avait à droite une cabane pour ranger les outils. Une vraie petite maison pour l'enfant que j'étais, mais avec une seule pièce étroite qui sentait la poussière. En face de la même porte, juste après la cabane, deux rangées de fleurs entouraient un petit chemin qui invitait à pousser plus loin. C'est que ce lopin était tout en longueur. Des longueurs de merveilles, laitues, cardons, pois gourmands, haricots bien sûr, petits pois... Le chemin continue, tomates, ciboulette, oignons, on en plante des choses dans un lopin de terre !
Plus loin, au fond, un cerisier, des framboisiers, des fraisiers. Le régal de la petite fille qui mange autant qu'elle ramasse, partageant son goûter de fruits avec les abeilles et les fourmis.
Et puis au retour, des pommes de terre, bien sûr, mais pas n'importe lesquelles ! Des petites rattes, les meilleures. Car c'est toute une éducation gustative qui va avec ce jardin, et la jeune fille qui passe voir son grand-père quelques années plus tard le trouve au jardin : "les rattes tu les fais avec les pois gourmands et quelques lardons, à la poêle..."
C'est qu'il aimait manger le grand-père. C'est qu'il aimait la vie.
Je l'ai bien connu car ma grand-mère l'a laissé tout seul assez tôt et pour assez longtemps. Il venait souvent dormir deux ou trois jours chez mes parents, et je le retrouvais pour discuter après les cours. D'où une certaine complicité de ceux qui ont partagé un bout de chemin ensemble. A bien y réfléchir, la complicité avec lui ne demandait pas beaucoup d'efforts. Homme facile d'accès, facile à contenter. Plus tard, quand je conduisais, je pouvais aller le voir dans son village, l'emmener à son jardin ou se promener sur les bords du Rhône suffisaient à lui faire très plaisir. Parfois nous allions au café ensemble ou au restaurant.
Il sentait que j'aimais aussi ces instants simples.
Ces personnes d'un âge qui ont fait la paix avec la vie nous donnent un réconfort inimaginable. Aujourd'hui il n'est plus, il me manque mais surtout le souvenir du jardin de mon grand-père est un petit morceau de paradis que j'emporte partout avec moi...
01 nov. 2006
Une femme courageuse
Il y a deux ans, lorsque j'ai divorcé, j'ai retrouvé une femme connue dix ans plus tôt.
Il y a six ans, nous avions perdu le contact. Nos vies tournaient différemment. Je prenais de l'avancement au boulot, je vivais une vie trépidante, mais je rêvais au fond de moi d'une vie de famille. Elle, la vie de famille elle l'avait, mariée très traditionnellement par sa belle famille, femme au foyer, avec une petite fille qui venait de naître... Je n'ai pas répondu à ce faire-part, je ne voyais pas comment faire cohabiter ma vie originale avec un drôle de type, et cette famille hyper conventionnelle...
Et puis dans la famille conventionnelle il y a eu des fêlures, nous avons divorcé à peu près à la même époque, et une connaissance commune nous a remis en contact.
J'avais laissé une jeune fille innocente, j'ai retrouvé une femme brisée, dépressive, pesant le double de son poids de l'époque. Quel choc ! Que de changements physiques, psychologiques.
Comment reconstruire une relation d'amitié ?
Au début cette amie s'épanchait, se plaignait de ses difficultés, cherchant du soutien, ce que je comprenais parfaitement. Mais m'appelait si souvent, parfois tard le soir, parfois trois fois par jours, alors que j'étais au travail, en réunion, avec mon ami, pas disponible. J'étais partagée entre l'envie de l'aider, et celle de résister contre un envahissement qui pouvait bien détruire toute possibilité d'amitié.
De plus elle m'admirait, j'étais plus mince, j'avais rencontré quelqu'un, j'avais un travail. Difficile de construire une relation dans un tel déséquilibre...
Et puis comment pouvait-elle prendre autant de médicament ? Ils la faisaient dormir et réduisaient, me semblait-il, ses chances de pouvoir se ressaisir.
J'ai résisté contre l'envie parfois de l'envoyer promener, et aussi contre celle de la plaindre. Je ne voulais pas que notre relation soit aussi déséquilibrée. J'ai essayé de rester nature. Quand je n'avais pas envie de lui parler au téléphone, je lui disais. Parfois peut-être j'ai eu des mots durs, mais toujours justifiés par ce sentiment que si je me laissais trop envahir, j'allais tout envoyer balader. Quand elle se plaignait et que je ne savais pas quoi lui conseiller, et bien je ne lui conseillais rien. J'essayais juste de passer un peu de temps avec elle, je faisais comme je pouvais.
Et petit à petit je me suis laisser gagner par ce sentiment qu'elle me faisait du bien. Sa différence me fait du bien, son regard sur la vie m'apporte une autre vision, m'ouvre les yeux, me sort de certains préjugés.
Et petit à petit je me suis laissée gagner par des sentiments positifs, l'apprécier pour ce qu'elle est, sa spontanéité, ce que je trouvais au début trop expansif, moi qui suis plutôt réservée. Apprécier son sens du contact, sa curiosité, son ouverture d'esprit.
Deux ans après, les progrès sont incroyables. Elle commence enfin à penser que sa vie peut être belle telle qu'elle est, qu'elle va sortir de cette dépendance aux autres, qu'elle va réussir à s'assumer, ce dont avant elle se croyait incapable.
Deux ans après, je ne regrette pas d'avoir gardé le contact.


