La bobine d'Ariane

Au fil de mes pensées..

17 mai 2008

Les mots en évolution

DSC04665C'est fait. J'ai repris le travail. Nouveau projet, nouvel environnement. Un nouveau langage à apprendre aussi.

Pas un langage informatique, non, le langage de l'entreprise dans laquelle je vais travailler les prochains temps. Et c'est là la complexité de mon métier. Comprendre des personnes qui en apparence parlent le même langage, mais qui derrière les mots "client", "produit", mettent des réalités bien différentes.

L'objectif est bien d'avoir un logiciel informatique à la fin. Et même si l'équipe va rencontrer des difficultés techniques, le plus difficile sera à mon avis d'avoir compris ce qu'on nous demandait de faire.

Dans ces questions de compréhension, il n'y a pas de référence, pas de dictionnaire pour nous aider. D'ailleurs à quoi sert encore le dictionnaire ? Les mots sont en évolution, dans le monde du travail, et sur internet... Suite à une discussion sur le blog de Marie, j'étais allée vérifier que dans mon dictionnaire papier le terme "handicapé" est un adjectif et pas un nom. Mais peine perdue, les dictionnaires et les usages dans le langage journalistique et sur internet en ont changé la nature. Vouloir lutter contre cela, semble aussi dérisoire que s'opposer à la mondialisation en cours... Alors cette semaine, dans une plaquette institutionnelle j'ai trouvé le terme "compagnie". Ce mot me semblait bien désuet, pour moi on ne l'utilisait que dans les expressions du genre "être en bonne compagnie" ou "salut la compagnie". Mais l'utilisation intensive de l'anglais dans les multinationales a transformé l'usage de "company" et bientôt nous verrons apparaître le terme "companie" à la place ! 

Les mots font leur évolution, il faut s'y résigner, et l'anglais rentre dans notre langage professionnel, comme l'avait justement noté Corinne dans cette note. Alors ça me fait du bien lorsque je rentre le soir de retrouver mon bébé qui pour le moment parle le langage universel des Agueuh, et de venir lire les blogs sur lesquels ma langue maternelle est bien traitée...

Et oui ! Même si je ne publie plus beaucoup et que je ne laisse pas toujours de commentaire, je viens toujours visiter vos blogs !

Récemment j'ai découvert celui-ci Encre des jours, via un commentaire laissé par son auteur, homme mystérieux dont on sait qu'il est photographe, mais qui publie uniquement des mots...

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02 déc. 2007

Mon double réel

Elle ne vit que pour son enfant.
Depuis quelques temps déjà, elle ne travaille plus. On lui a recommandé le repos, alors elle dort pour son enfant. Elle mange pour son enfant, elle se prépare, elle se soigne, elle lit des livres sur le sujet.
Quelques rares sorties pour voir des amis ou de la famille, dans le monde réel.

Et moi, Ariane, son double virtuel, elle m'a abandonnée...

Elle ne se pose plus toutes ces questions qui l'assaillaient. Fig1_La_Femme_a_la_balance
Est-ce l'effet des hormones ? De la rencontre avec ce bébé qui est maintenant si réel ? Quand elle touche son ventre, elle sent sous ses mains un petit dos, des petits pieds. Parfois des mouvements de hoquet.

Elle m'inquiète, ce n'est plus la même, elle tourne au ralenti. D'habitude si active, elle prend son temps, elle vit au jour le jour, et semble heureuse de pouvoir consacrer tout son temps pour vivre ces changements dans son corps et dans sa tête.
Une chose a changé dans sa vie : pour la première fois, peut-être, elle fait des activités entourée uniquement de femmes et elle se sent bien comme ça...

Elle n'a plus besoin de moi, son double virtuel, pour trouver des réponses.
Je me dis que je la retrouverai après l'accouchement, après l'allaitement, quand se posera la difficile question
du retour au travail, de la gestion de son temps.
Je patienterai....

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22 juil. 2007

Evasion

heron_1J'ai des amis qui ont la chance de partir plonger dans des eaux tropicales, à la découverte de poissons extraordinaires. En fait, cela ne me fait pas tellement rêver, la plongée est pour moi un exercice difficile, qui oblige  à respirer dans un tuba ou, pire, dans un tuyau prolongé par une bouteille d'oxygène. Les rares fois où je vais à la mer, je plonge en apnée, avec mes lunettes de piscine, et rien n'entrave mon nez ni ma liberté !
J'arriverai sûrement un jour à dépasser mes à priori et à découvrir l'évasion dans les fonds marins...

En attendant, j'ai découvert une autre forme d'évasion dans la nature. Qui nécessite deaffut partir beaucoup moins loin. Un périmètre de 40 kilomètres autour de Lyon suffit largement : un étang dans l'Isère ou dans la Dombes, une Lône (bras du Rhône). Et un affût. Un affût, c'est une cabane en bois avec des fentes aménagées, qui vous permettent d'accéder à un point d'observation sans être vu des animaux.

Il faut se munir de deux outils indispensables : une paire de jumelles et une bonne dose de patience.

Alors l'observation peut commencer.

Le week-end dernier, nous cherchions des hérons cendrés, scrutant les bords d'unfoulque étang de l'Isère un peu écrasé par la récente chaleur. Au début nous n'avions vu que trois canards et une mouette qui s'était perdue là. Rien de rare. L'étang ne bougeait pas. Puis au loin, des foulques apparaissent. Se rapprochent. Puis, le soir tombant, un ragondin traverse l'eau, juste sous nos yeux. C'est alors que je sens un mouvement, presque imperceptible, vers ma gauche. Je pointe les jumelles, et je découvre un magnifique martin pêcheur, reconnaissable entre mille avec son dos bleu et son ventre orangé. Nous sommes restés longtemps à le regarder voler, plonger, se repercher sur le tronc qui flottait non loin. C'est la première fois que j'en voyais un.martin_pecheur

Parfois à Lyon même, on peut observer des oiseaux migrateurs. En vol le long du Rhône qui doit leur servir de grand repère géographique pointant vers le Sud, ou bien en train de se reposer sur les Berges tranquilles de la Saône, juste au nord de la ville. Parfois même j'en ai vu se poser sur les toits en ville. Observer les oiseaux devient vite un réflexe, et je me rends alors compte que je suis à l'affût du moindre mouvement dans le ciel.

J'aime découvrir ces oiseaux peu courants, car les oiseaux les plus communs ne provoquent pas d'évasion. Ils me rappellent mon quotidien, et les canards et les mouettes sont présent à Lyon en bord de Rhône, juste à côté de mon lieu de travail. L'important pour l'évasion, c'est de sortir de son contexte. Un simple martin-pêcheur y contribue.

Finalement, les eaux chaudes des tropiques gorgées de poissons ne sont qu'une forme d'évasion. L'important est de prendre du recul par rapport à son quotidien, et je trouve que dans la nature nos problèmes d'humains deviennent tous petits.

Pour que l'évasion soit réussie, il faut être soi même plongé dans une ambiance différente, parfois un bon film ou un livre très prenant font l'affaire autant qu'un voyage exotique. Qu'en pensez-vous ?

 

Note : les photos du héron et du foulque n'ont pas pu être prises lors d'observations en Rhône-Alpes (je n'ai pas de super zoom, contrairement à la dame dans l'affût qui est très bien équipée...). Je les ai prises au Parc Ornithologique du Teich, bassin d'Arcachon, dans lequel on peut observer de nombreux oiseaux sauvages de très près, à marée haute...
La photo du martin pêcheur provient du site http://www.oiseaux.net

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02 juil. 2007

Avis de Tempête

Ce soir je suis seule pour une semaine. Cela fait si longtemps que je n'ai pas été seule pour une semaine. Cela me renvoie à cette période terrible où je vivais seule avec un homme toujours absent.

Alors mes peurs reviennent. Mes larmes coulent et me font du bien. Toutes mes peurs reviennent, celle que tu t'absentes toi aussi pour revenir différent. Peur qu'il t'arrive quelque chose alors que tu es dans un pays lointain. Peur qu'il m'arrive quelque chose et que je perde cet enfant.

J'ai attendu si longtemps d'avoir un enfant d'un homme qui était toujours absent, que cette soirée me replonge dans cette période, c'est comme si j'y étais à nouveau, et c'est terrible...

En même temps je ne suis pas seule, il y a ce petit passager clandestin. Mes larmes oscillent entre la peur et le bonheur que je n'ose pas complètement laisser éclater. J'ai attendu si longtemps, il y a tant d'écueils possibles sur le chemin de la grossesse. Je pourrais bien me retrouver à attendre à nouveau, et cette pensée, j'ai du mal à la supporter.

Je repense à ce week-end avec ta famille, tant de joie semée autour de nous, cela m'apaise un peu. Ce passager, tout le monde l'attend à bon port....

Le bonheur, difficile de s'y habituer, je me ferme comme une coquille depuis trois mois en disant que tout va bien mais en comptant les heures d'inquiétude. Lâcher prise, me disait Claire, là aussi il faudrait que je lâche prise et que j'accepte qu'à moi aussi ce bonheur pourrait m'arriver. C'est tellement impossible ! Me suis-je habituée à l'idée que ce n'était pas pour moi ? Me suis-je habituée à occulter ces images d'enfants pour ne pas souffrir ?

Alors ce soir je me retrouve face à mes peurs, personne pour me distraire ou me rassurer. Alors je laisse couler les larmes et je viens dire tout à ce blog à qui je ne parle plus beaucoup. C'est un peu la tempête dans mes idées, je crois qu'aussi ces changements qui s'annoncent m'inquiètent, mais un peu.
Voici un nouveau tremblement de vie qui s'annonce. J'ai six mois pour me préparer

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06 avr. 2007

Les taxis

Je n'aime pas les taxis lyonnais !

L'autre soir j'ai failli me faire renverser. J'étais en roller, je traversais au feu vert pour les piétons.
J'aurais dû me méfier, pourtant, mais il n'avait pas mis son clignotant. Je ne pensais pas qu'il pouvait tourner sans mettre son clignotant alors que le feu était vert pour les piétons.

Souvent je peste contre les taxis lyonnais. Toujours plus vite... Ils semblent ignorer ceux qui les entourent.

L'autre jour, en arrivant au travail, un taxi qui déposait quelqu'un m'a coupé le passage. Toujours premier, hein ? Toujours pressé ?pottocks

Et puis je me suis regardée...

Je me suis vue pressée pour aller travailler.
Les taxis sont-ils pressés aussi ? Pas dans le sens où ils se dépêchent, non, dans le sens où on les presse ?
Est-ce que je ne me sens pas pressée, moi aussi, dans ce monde de rentabilité ?
Doivent-ils faire toujours plus vite pour des clients qui veulent payer moins ?

Je me suis revue, quelque fois, prendre le taxi, et regarder le compteur en espérant qu'il n'y ait pas trop de bouchons, que le compteur ne tourne pas trop vite.

Alors je me suis demandé si nous ne sommes pas nous même responsables de ce monde de mondialité dont nous nous plaignons tant.
Celui où le client veut du moins cher.
Celui où on presse les gens pour qu'ils se dépêchent de produire plus et moins cher.

Parfois je regarde les chevaux qui prennent le temps de brouter, et je me dis que nous sommes fous.

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03 mars 2007

Les cartons

Il y a quatre ans, dans des cartons,escabeau
j'avais emballé mes rêves, et mes illusions.
Des rêves de famille, de jardin et d'amour.
Il y a quatre ans, j'avais bien rangé,
dans des cartons, les années partagées.

Quelle fut ma surprise, dans la nouvelle maison
De déballer la solitude, et les désillusions...

Il y a trois ans, dans des cartons,
j'ai remballé mes rêves et mes désillusions.
Il y a trois ans, j'ai bien classé et trié
les souvenirs des dix dernières années.
Jeté mes certitudes, élagué le passé,
laissé l'inutile, pour partir d'un pas plus léger

Dans un nouvel appartement j'ai déballé
Cette solitude que je préférais affronter
sans avoir l'air d'être accompagnée...

Il y a deux ans, dans des cartons,
j'ai emballé de nouveaux rêves
un peu inquiète, j'ai fait taire ma raison.
N'étais-ce pas un peu tôt, pour repartir et changer ?
C'est un risque, tant pis, maintenant ou jamais.

peinture

Quelle fut ma surprise, dans cet appartement,
de déballer de bien agréables sentiments.

Et dans un mois, je referai des cartons
Et j'emballerai à nouveau rêves et illusions
Des rêves de famille, de partage et d'amour...
Alors je ne peux m'empêcher de m'inquiéter,
me demander ce que cette fois je vais trouver,
à la sortie des cartons...

Mais j'en suis persuadée,
cette aventure vaut d'être tentée !

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03 févr. 2007

Mariage

arcadesglycine

En cherchant des informations juridiques sur internet, je suis tombées sur un site d'incitation au mariage !

Cela m'a fait réfléchir (ce qui est le but de ce site). Pourtant, divorcée il y a deux ans, on ne peut pas dire que me remarier est dans mes priorités. L'homme avec qui je vis a connu le divorce de ses parents, et il ne semble pas non plus avoir l'intention de me passer la bague au doigt...

Pourtant, il y a des choses qui m'ont semblé intéressantes dans ce que j'ai lu. Le mariage est présenté comme un engagement, un élément stabilisateur, qui aide le couple à passer les difficultés en ayant moins peur de se dire les choses en face. Il est également précédé par un moment de réflexion sur les objectifs de chacun, et la nécessité d'avoir les mêmes priorités dans la vie.

Dans mon expérience, les priorités n'étaient pas sincèrement exprimées. Les miennes étaient très claires et je suis sûre de les avoir aussi clairement dites. Je voulais fonder une famille, et le travail et l'accomplissement social n'étaient pas dans mes priorités. J'ai fait la désagréable découverte qu'en face de moi les objectifs n'avaient pas été clairement énoncés. Que le travail et l'appât du gain passaient avant tout.
Dans mon expérience, le mariage n'est donc ni garant d'avoir des objectifs communs, ni de la sincérité de l'autre. J'ai été trompée, dans tous les sens du terme...

J'ai aussi découvert que le fait de se marier est intimement lié à toutes sortes d'arrangements financiers, qui sont sans doute nécessaires pour se protéger. Organisation des impôts, de la succession, des difficultés financières à venir. Pas très romantique tout cela. Est-ce pour oublier ces aspects là que le mariage se fait en grande pompe, robe blanche, dragées et bouquets de fleurs ?
Je n'ai jamais aimé les robes blanches et les dragées. Je n'ai jamais compris qu'on porte autant d'importance à l'image pour cet événement qui me semblait être de l'ordre du sentiment, de l'impalpable. Finalement j'étais plus naïve que toutes les femmes en robes immaculées désireuses d'immortaliser leur pure image au milieu des fleurs. J'avais du mariage cette vision d'un engagement, devant témoin. Seul cela me semblait important, pas la robe blanche, ni les aspects contractuels financiers.
C'est pour cela que je me suis mariée à l'église, alors que je n'ai pas reçu d'éducation religieuse. L'église offrait pour moi cette notion d'engagement moral que ne semblait pas proposer une République qui permet le divorce.

Heureusement, la République m'a permis de divorcer ! Elle m'a donné droit à l'erreur de ne pas avoir su déceler le mensonge. Mais aujourd'hui je ne vois pas pourquoi je me remarierais dans une mairie. Le PACS, lui aussi est une organisation conjointe de biens matériels. Mais l'engagement moral, où le trouver ?
J'essayerai de le trouver ailleurs, dans la sincérité d'un homme qui tient ses promesses vis à vis de ses proches, qui est attentif à eux, et qui a aussi exprimé le souhait de fonder une famille...

Posté par arianebobine à 23:40 - Coups de coeur et sautes d'humeur - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 janv. 2007

Utopie

Cette semaine de travail a été rude.
Ce travail, qui m'a aidée à traverser une période difficile dans ma vie privée, devient maintenant la difficulté à traverser. Vais-je aussi divorcer d'avec mon employeur ? Ce n'est pas le moment.

Je commence à réaliser le fond du malaise de ces deux dernières années. Encore une fois, je confronte mes rêves à la dure réalité. La dernière fois, je n'ai pas supporté de rester avec un mari avec qui je ne partageais plus de valeurs, en qui je ne pouvais plus avoir confiance. En sera-t-il de même avec les gens pour qui je travaille ?

Car il s'agit bien d'une différence de valeurs. La confrontation  entre la rentabilité et l'humanité.

Mon emploi dans l'informatique, c'est un peu comme un entrepreneur qui va voir un client pour construire une 12_Ainoha_villageBasque_2maison. Le client fait des rêves de maison. Il aimerait que les artisans qui travaillent à sa maison anticipent ses rêves, devinent ses désirs, et travaillent vite et bien, sans défauts. Oui, mais. Comprendre ses rêves prend un temps qu'il n'est pas toujours prêt à passer. Et surtout il voudrait que les artisans, ceux qui ont bien travaillé selon ses désirs, restent pour agrandir la maison, redécorent sans arrêt une nouvelle pièce, toujours plus vite. Mon patron, l'entrepreneur, aimerait que le client soit content, qu'il repasse des commandes, et que les artisans aient de nouvelles idées de décoration qu'il pourrait vendre ailleurs. Les artisans, que veulent-ils eux ? Ils aimeraient qu'on leur laisse du temps pour réfléchir avant d'agir, pour éviter d'être obligés de détruire une cloison parce qu'on n'a pas pris le temps de voir qu'il fallait faire passer un tuyau. Ils rêvent d'apprendre de nouvelles techniques, de s'améliorer dans leur métier, parce que c'est intéressant et aussi parce qu'ils auront plus de chance de trouver un nouvel employeur, au cas où. Ils aimeraient qu'on les écoute, parce qu'ils connaissent leur métier, qu'ils ont du coeur et des idées.

Mon patron me demande de synchroniser tout cela, de planifier les demandes du client, de comprendre les demandes des artisans, et d'accepter parfois les siennes de demandes, qui sont parfois de demander encore plus de travail à des artisans déjà bien occupés. Et me voilà au milieu, à tenter de satisfaire l'un et l'autre, à collecter les mécontentements de tout le monde.

Mon client ne comprend pas les désirs d'ouverture des artisans, leur envie d'aller voir ailleurs. Est-ce que pour lui, l'artisan doit déjà être content qu'on l'emploie ? Taillable et corvéable ? Mon employeur veut valoriser les meilleurs profils, favoriser les potentiels, mais comment les artisans peuvent-ils exprimer leur potentiel alors qu'on les gave de travail chez le client ?

Est-ce qu'on pourrait parfois simplement dire merci à quelqu'un qui fait bien son travail, sans toujours lui demander plus de productivité ? Est-ce qu'on pourrait laisser le temps aux gens d'avoir des idées, de faire les choses correctement et d'en tirer de la satisfaction ? Quand j'arrive à prendre deux minutes pour parler avec mes collègues, je comprends leur humanité, leurs idées, mais aussi leurs soucis, leurs inquiétudes. Mais avons nous le temps pour cela ?
Mon travail c'est d'optimiser les plannings. J'en suis bien fatiguée. Cette semaine j'en ai pleuré.

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27 déc. 2006

Images

Par moment j'ai l'impression d'avoir une overdose d'images.
Comme si j'avais été programmée avec un réglage "hypersensibilité ++" et calibrée avec l'option "saturation rapide". Je ne suis pas une machine, désolée pour ce langage, mais c'est à ça que me fait penser ma manière de recevoir les flots d'images qui se déversent des magazines, des journaux, de la télé, du cinéma, des affiches de publicités, internet bien sûr... Je suis un récepteur, un récepteur détraqué.

Des images vendeuses, accrocheuses, choquantes souvent, pour attirer l'attention.
Nous vivons dans un monde d'images et parfois j'aimerais y échapper.

Quand je parle de mon hypersensibilité, c'est que je suis très facilement choquée, ou émue par ce que je vois. Récemment, nous sommes allés voir le dernier film de Scorsese avec des copains, j'ai fermé les yeux pendant combien ? un tiers du film ? J'ai du mal à faire la part des choses entre ce qui est réel ou pas, c'est bien le problème de l'image d'ailleurs, je l'ai abordé récemment.

Je ne suis pas hypersensible au point de tomber dans les pommes pour un rien. Je ne me suis jamais évanouie, j'ai déjà affronté des situations difficiles (accouchement d'une amie, visite à l'hôpital ou chez elles de personnes très malades). Ces situations me traumatisent moins finalement que les images. J'ai l'impression de pouvoir apporter ma contribution, d'aider, de ne pas rester passive. Bien sûr ce n'est pas tout les jours.

Alors que les images, je les subis, tous les jours. Tout le message positif ou négatif qu'elles m'envoient. Comment dire stop ?nuagevent

Fermer les yeux, parfois. Eteindre la télé, souvent. Ne plus acheter ces magazines qui essayent d'accrocher le regard par des images crues ou violentes. Le choc des photos, très peu pour moi, merci.

Me ressourcer en partant dans la nature, loin des panneaux publicitaires, des zones commerciales avec leurs enseignes lumineuses géantes, horribles...

Des arbres, des montagnes, des fleurs. Des oiseaux, des nuages.

Le souci, c'est que mon travail c'est en ville, j'habite en ville. Alors je me débrouille comme je peux. Les arbres qui prennent des couleurs dorées le long des boulevards. Les mouettes qui tapent l'eau avec le bout de leur aile. Les canards et les oies, parfois des hérons le long du Rhône. Les étourneaux alignés le long d'un immeuble.

cormoranmouettesIl y a pas mal d'oiseaux migrateurs dans une ville comme Lyon à l'automne. Alors je me promène le nez en l'air dans la rue. Je me ressource avec des bribes de nature. Et mon fond d'écran au travail me parle d'une randonnée en montagne que j'ai fait il y a deux ans...

Vivement le printemps.

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21 nov. 2006

Tremblements de vie

Avez-vous déjà vécu un tremblement de vie ?

IMG_1059Un tremblement de vie, c'est votre vie qui tremble très fort. C'est un événement qui vous secoue dans vos certitudes, qui remet à plat vos repères.
C'est la perte de quelque chose qui fera que plus rien ne sera jamais comme avant...


A la découverte de certains mensonges, ma vie s'est fissurée. Au début j'ai cherché une explication, une excuse. Puis, de découvertes en découvertes, ma confiance, mes certitudes, tout s'est effondré... 

Il a fallu détruire, puis reconstruire. Comment y suis-je arrivée ?
Comment se remettre d'un tremblement de vie ?

Le premier passage est celui d'accepter que c'est trop tard, qu'il ne sert plus à rien de résister.
Creuser, fouiller, agrandir le trou si nécessaire, pour que toutes les failles soient visibles et claires. Pour qu'elles soient inévitables, et qu'on ne puisse plus reculer.

Le deuxième passage, c'est de poser les yeux ailleurs, alors tout doucement vient l'idée qu'on pourrait vivre une autre vie. C'est de découvrir qu'on peut avoir des petits plaisirs, ailleurs, dans un monde parallèle au sien, qui pourrait ressembler à une issue de secours.

Le troisième passage, c'est de déblayer les gravats. Il faut faire du tri, même si beaucoup de biens matériels y passent, et même quelques personnes qu'on croyait amies. Ce nettoyage permet d'ailleurs de faire ressurgir des perles oubliées, des démons cachés. Ne pas hésiter à se faire aider...

Alors ensuite, la vie nettoyée, un nouveau départ pris, est-ce que tout va repartir comme avant. Est-ce qu'on peut oublier ses blessures, avec l'emplâtre du temps ?Tunisie_caroline__181_

Pour le moment, la vie me faire dire que non, on ne les oublie pas complètement.
Elles sont bien enfouies mes blessures, et j'ai retrouvé la force de croire en l'avenir.
Mais parfois, comme une petite veilleuse cachée dans la pièce du fond, les lampes d'alerte se rallument.
Elles crient "attention, attention", et dépassent toutes mes tentatives de maîtrise. Alors la peur débarque et m'envahit.

Dans cette nouvelle vie que je construis, la peur de reproduire les situations que j'ai vécu me panique. Dès qu'il s'agit de prendre des décisions m'engageant dans une direction qui ressemble de près ou de loin à celle que j'ai vécu, tous les voyants s'allument, les sirènes retentissent, et j'ai du mal à prendre une décision, à choisir une voie. Pétrifiée à l'idée que je pourrais me tromper, remettre le pied dans une fissure et refaire trembler ma vie aussi fort.

En être consciente m'aide. J'arrive à prendre un peu de recul. Et puis l'idée que j'en ai réchappé une fois déjà m'aide à sauter le pas. J'en réchapperai bien une deuxième fois, maintenant je le sais.
C'est quand même embêtant cette sensation, à chaque fois que je prends une décision qui m'engage dans ma vie de couple. Pourtant jusqu'ici je n'ai pas regretté d'avoir su oser à nouveau.

Aujourd'hui même, ces sirènes retentissent tellement fort ! Elles me hurlent qu'engager ma vie dans cet appartement que nous avons visité pourrait me mener un jour à avoir à faire mes cartons, à repartir de zéro dans un petit appartement, seule, comme je l'ai fait il y a deux ans. A devoir faire une croix sur tout ce que j'avais construit, espéré, à détruire. Détruire pour mieux reconstruire.

Aujourd'hui ces sirènes m'ont quand même permis de demander - pouce ! - une nuit de réflexion, pas de précipitation, même si je ne vois vraiment pas de raison raisonnable pour reculer. Juste le temps de dialoguer avec les sirènes, d'éteindre les veilleuses, de faire le tour de mes peurs pour les diminuer.


L'article qui m'a inspiré est sur le blog de Claire Ogie, notamment un passage en gras sur le thème "peut-on retrouver un jour l'insouciance ?".

Voici le lien http://avisagedecouvert.over-blog.com/article-4563717-6.html
Apparemment certaines de mes réflexions lui ont inspiré ce texte, j'ai aussi l'impression qu'il est issu d'un de ses tremblements de vie à elle, à mon tour d'être inspirée...

Posté par arianebobine à 21:14 - Coups de coeur et sautes d'humeur - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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