La bobine d'Ariane

Au fil de mes pensées..

25 juil. 2007

Blog-en-vacances

Ce blog est en vacances pour une quinzaine de jours. Deux semaines sans ordinateur, dans la nature des Alpes. L'évasion quoi !
Je souhaite un très bon été à tous ceux qui passent par ici.

Posté par arianebobine à 09:52 - Le monde des blogs - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


22 juil. 2007

Evasion

heron_1J'ai des amis qui ont la chance de partir plonger dans des eaux tropicales, à la découverte de poissons extraordinaires. En fait, cela ne me fait pas tellement rêver, la plongée est pour moi un exercice difficile, qui oblige  à respirer dans un tuba ou, pire, dans un tuyau prolongé par une bouteille d'oxygène. Les rares fois où je vais à la mer, je plonge en apnée, avec mes lunettes de piscine, et rien n'entrave mon nez ni ma liberté !
J'arriverai sûrement un jour à dépasser mes à priori et à découvrir l'évasion dans les fonds marins...

En attendant, j'ai découvert une autre forme d'évasion dans la nature. Qui nécessite deaffut partir beaucoup moins loin. Un périmètre de 40 kilomètres autour de Lyon suffit largement : un étang dans l'Isère ou dans la Dombes, une Lône (bras du Rhône). Et un affût. Un affût, c'est une cabane en bois avec des fentes aménagées, qui vous permettent d'accéder à un point d'observation sans être vu des animaux.

Il faut se munir de deux outils indispensables : une paire de jumelles et une bonne dose de patience.

Alors l'observation peut commencer.

Le week-end dernier, nous cherchions des hérons cendrés, scrutant les bords d'unfoulque étang de l'Isère un peu écrasé par la récente chaleur. Au début nous n'avions vu que trois canards et une mouette qui s'était perdue là. Rien de rare. L'étang ne bougeait pas. Puis au loin, des foulques apparaissent. Se rapprochent. Puis, le soir tombant, un ragondin traverse l'eau, juste sous nos yeux. C'est alors que je sens un mouvement, presque imperceptible, vers ma gauche. Je pointe les jumelles, et je découvre un magnifique martin pêcheur, reconnaissable entre mille avec son dos bleu et son ventre orangé. Nous sommes restés longtemps à le regarder voler, plonger, se repercher sur le tronc qui flottait non loin. C'est la première fois que j'en voyais un.martin_pecheur

Parfois à Lyon même, on peut observer des oiseaux migrateurs. En vol le long du Rhône qui doit leur servir de grand repère géographique pointant vers le Sud, ou bien en train de se reposer sur les Berges tranquilles de la Saône, juste au nord de la ville. Parfois même j'en ai vu se poser sur les toits en ville. Observer les oiseaux devient vite un réflexe, et je me rends alors compte que je suis à l'affût du moindre mouvement dans le ciel.

J'aime découvrir ces oiseaux peu courants, car les oiseaux les plus communs ne provoquent pas d'évasion. Ils me rappellent mon quotidien, et les canards et les mouettes sont présent à Lyon en bord de Rhône, juste à côté de mon lieu de travail. L'important pour l'évasion, c'est de sortir de son contexte. Un simple martin-pêcheur y contribue.

Finalement, les eaux chaudes des tropiques gorgées de poissons ne sont qu'une forme d'évasion. L'important est de prendre du recul par rapport à son quotidien, et je trouve que dans la nature nos problèmes d'humains deviennent tous petits.

Pour que l'évasion soit réussie, il faut être soi même plongé dans une ambiance différente, parfois un bon film ou un livre très prenant font l'affaire autant qu'un voyage exotique. Qu'en pensez-vous ?

 

Note : les photos du héron et du foulque n'ont pas pu être prises lors d'observations en Rhône-Alpes (je n'ai pas de super zoom, contrairement à la dame dans l'affût qui est très bien équipée...). Je les ai prises au Parc Ornithologique du Teich, bassin d'Arcachon, dans lequel on peut observer de nombreux oiseaux sauvages de très près, à marée haute...
La photo du martin pêcheur provient du site http://www.oiseaux.net

Posté par arianebobine à 08:44 - Coups de coeur et sautes d'humeur - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 juil. 2007

Utopies conjugales

UtopiesConjugalesJ'avais envie depuis quelques temps d'écrire sur ce livre de Daniel Welzer-Lang que j'ai lu en début d'année...

J'ai très peu d'essais de ce type dans ma bibliothèque, mais le thème qui se rapprochait de mes interrogations sur la féminité m'a poussée à acheter ce livre (et puis un peu la couverture, si je suis franche, je la trouve très réussie).

Le titre mentionne des "utopies", et me renvoie à mon expérience de rêves déçus, et cette nouvelle utopie, peut-être, que j'essaye de mettre en place dans mon quotidien.

Je n'ai pas été déçue par ce livre.

D'abord, j'ai aimé le fait qu'il soit écrit par un homme. Au moins, quand il parle de l'éducation des filles, à qui on apprend l'abnégation et le don de soi, on ne peut pas le taxer d'être une "féministe tendance dure"... En fait, il prend du recul en toutes circonstances, et c'est ce que j'ai principalement apprécié.
Sa vision des couples, des différentes options qui peuvent le constituer ([C]onjugalité, [S]exualité, [P]arenté), me donne un point de départ intéressant pour analyser mon vécu. Et sa vision du couple est très large puisqu'il y a une place pour l'homosexualité. Il n'y a aucune réponse toute faite dans ce livre, aucun à priori qui puisse gêner la réflexion. J'aime bien.

Mais surtout, au début du livre, il y a cette vision des mythes fondateurs qui forment les hommorchideemauvees et les femmes dans notre société. Pour les hommes, la "maison des hommes", lieux réservés où se forme le mythe de la virilité, de la force, l'obligation d'être acteur. Pour les femmes, il explique bien mieux que je ne saurais le faire, la contrainte de notre société qui donne en modèle le "travail de la beauté", la passivité, l'attente du prince charmant, le modèle de douceur et d'harmonie qu'est censé être une femme (dans un intérieur bien rangé, bien sûr).

Ce livre me conforte dans l'idée (s'il en était besoin), que les hommes et les femmes sont d'abord différenciés par ce que la société attend d'eux.

Il me fait comprendre mieux pourquoi certaines personnes de ma famille m'ont fait sentir comme bizarre, moi qui portait plus d'importance à mon travail ou à ce que je pouvais vivre comme aventures, qu'à me maquiller, acheter des vêtements. Plus dans l'action que dans l'attente et la passivité.

Pour finir sur une note optimiste, l'auteur semble quand même noter, au fil de ses études des dernières années, une tendance plus marquée des hommes et des femmes de sortir de ces schémas prédéfinis. Des hommes et des femmes qui essayent d'atteindre dans le couple un équilibre différent de l'Homme action / Femme attente. Pas facile car le sentier n'est pas balisé. Mais ce livre donne quelques pistes quand même... à suivre...

Posté par arianebobine à 21:19 - Les mythes fondateurs - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 juil. 2007

Avis de Tempête

Ce soir je suis seule pour une semaine. Cela fait si longtemps que je n'ai pas été seule pour une semaine. Cela me renvoie à cette période terrible où je vivais seule avec un homme toujours absent.

Alors mes peurs reviennent. Mes larmes coulent et me font du bien. Toutes mes peurs reviennent, celle que tu t'absentes toi aussi pour revenir différent. Peur qu'il t'arrive quelque chose alors que tu es dans un pays lointain. Peur qu'il m'arrive quelque chose et que je perde cet enfant.

J'ai attendu si longtemps d'avoir un enfant d'un homme qui était toujours absent, que cette soirée me replonge dans cette période, c'est comme si j'y étais à nouveau, et c'est terrible...

En même temps je ne suis pas seule, il y a ce petit passager clandestin. Mes larmes oscillent entre la peur et le bonheur que je n'ose pas complètement laisser éclater. J'ai attendu si longtemps, il y a tant d'écueils possibles sur le chemin de la grossesse. Je pourrais bien me retrouver à attendre à nouveau, et cette pensée, j'ai du mal à la supporter.

Je repense à ce week-end avec ta famille, tant de joie semée autour de nous, cela m'apaise un peu. Ce passager, tout le monde l'attend à bon port....

Le bonheur, difficile de s'y habituer, je me ferme comme une coquille depuis trois mois en disant que tout va bien mais en comptant les heures d'inquiétude. Lâcher prise, me disait Claire, là aussi il faudrait que je lâche prise et que j'accepte qu'à moi aussi ce bonheur pourrait m'arriver. C'est tellement impossible ! Me suis-je habituée à l'idée que ce n'était pas pour moi ? Me suis-je habituée à occulter ces images d'enfants pour ne pas souffrir ?

Alors ce soir je me retrouve face à mes peurs, personne pour me distraire ou me rassurer. Alors je laisse couler les larmes et je viens dire tout à ce blog à qui je ne parle plus beaucoup. C'est un peu la tempête dans mes idées, je crois qu'aussi ces changements qui s'annoncent m'inquiètent, mais un peu.
Voici un nouveau tremblement de vie qui s'annonce. J'ai six mois pour me préparer

Posté par arianebobine à 22:56 - Coups de coeur et sautes d'humeur - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1