La bobine d'Ariane

Au fil de mes pensées..

26 juin 2007

Passager clandestin

Je ne sais plus qui m'a dit : "que du bonheur"...cigogne_pique_herbe

Ces dernières semaines ne semble pas lui donner raison. Parce qu'être fatiguée souvent, épuisée parfois, avoir la nausée le soir (monsieur le chauffeur de bus, freinez moins fort s'il vous plait !) ce n'est pas forcément une partie de plaisir.
Sans parler de ce corps qui ne vous appartient plus, cette poitrine qui tiraille, ces premiers vêtements dans lesquels on ne rentre plus. Sans compter ce secret, cette inquiétude, ce bébé va-t-il tenir le coup ?

On ne m'avait pas dit non plus les nombreux rendez-vous à organiser, en plus de ceux du boulot, médecin, écho, prise de sang, la place à la maternité à retenir, tout est vite plein sur Lyon. Et déjà on me parle de réserver une place en crêche, les séances de préparation, les démarches administratives, les déclarations....
Je n'en ai plus le temps pour ce blog...

Et puis voilà une rencontre. Un matin comme ça, voilà qu'on me présente un petit pantin qui agite bien ses bras et ses jambes. Qui se retourne pour qu'on l'admire sous toutes ses facettes. C'est dans mon ventre que ça se passe ? Et oui. Pourtant je ne sens rien ! Etonnement, émotion. Une nouvelle vie se précise...
La magie de faire connaissance de ce "passager clandestin", comme me l'a joliment dit le médecin, me fait patienter un peu, passer cette phase pas très agréable, le troisième mois est bientôt terminé.

Et si avoir un enfant ce n'est pas cela qui fait la femme, c'est bien la femme qui fait l'enfant, et qui vit cette expérience à la fois perturbante et magique. A suivre...

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19 juin 2007

Flamme

A la demande de Marie, je m'essaye sur le thème : "déclarer sa flamme sans jamais dire je t'aime ou amour".


fleursbleuesComment dire avec des mots, ce qui ne s'explique pas dans ma tête ?
Comment mettre des mots sur cette lumineuse évidence que je vis avec toi chaque jour ?

Quelques qualificatifs me viennent bien pour décrire ce que nous nous offrons : simplicité, douceur, partage.

Je repense à tes mots, lorsque nous nous sommes connus : "humour, complicité, sensualité".
Je ne pourrais trouver de meilleure définition à ce que nous essayons de vivre tous les jours. Partager avec nos corps, avec nos âmes. Avec peu de mots finalement.

Car avec toi j'ai découvert un autre langage, de gestes, d'attentions, de regards. Ce langage, je ne sais pas le partager. Je ne veux pas le partager...

Posté par arianebobine à 22:03 - Le monde des blogs - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 juin 2007

Au travail !

Si je pense qu'il y a un mythe qui gouverne encore trop ma vie, c'est celui du travail.

La valeur travail, dont on entend pas mal parler ces derniers temps, est sûrement une valeur intéressante, mais dans la mesure où elle n'éclipse pas tout le reste...

Récemment j'ai fait au fil de conversations avec ma famille quelques découvertes qui m'ont permis d'identifier un certain héritage.

Il s'agit d'une famille de quatre enfants. Le père, mon grand père, un homme dont je ne sais quasi rien. Il était ouvrier je crois. Cet homme dont on ne parle jamais me laisse dans les non-dits une impression d'un homme pas forcément très travailleur. Il faisait la sieste, il avait quelques arbres dont les fruits ont, de ce que j'en ai entendu, été pour ses enfants une des rares sources de nourriture pendant la guerre. Ma famille n'en parle pas. C'est ma mère qui m'a dit qu'il est mort intoxiqué au gaz pendant qu'il faisait la sieste. Crime d'inactivité ?

Sa femme et ses quatre enfants se sont retrouvés, dans les années 1950, avec la nécessité de repartir à zéro. Ils sont partis à la ville et se sont lancés, avec une énergie folle, dans "la reconstruction" d'après guerre. Les garçons en apprentissage, les filles feront quelques études. Gravir les échelons, travailler, ou trouver un mari travailleur. Récemment, j'ai entendu ma grand-mère raconter un temps où elle faisait les courriers pour la société que montait son gendre. Chez elle, mise sous pli, et envois à la poste. Toute la famille au charbon...
Travailler pour s'en sortir, travailler pour avoir un statut. Une revanche.

Des quatre enfants, le seul à n'avoir pas fini à la tête de son entreprise est mon père. Ma mère s'est rebellé contre ce mythe, ce travail à tout prix, qui fait réussir, qui bouffe la vie, qui éloigne les pères, qui gangrène les couples. Travailler pas trop pour l'employeur, mais même dans les loisirs, on lit, on se cultive, on s'élève... tout pour oublier ce qu'on a connu pendant la guerre...

VueMontagnePas d'échec scolaire chez les cousins. Des enfants tous travailleurs. En bonne fille de la famille je suis le lot. Travailleuse. Et un désir de prouver que je serait indépendante, que je saurais gagner mon pain. Cela m'a sûrement influencée dans un choix de mes études, ce choix d'un métier dans un secteur porteur.

Alors j'étudie bien à l'école, mais la fille rêveuse que je suis s'évade dans la lecture. Une pensée spéciale pour Sel qui décrit dans ses châteaux en Espagne l'évasion que pouvait lui procurer la lecture. Comme je me reconnais dans cette vision de la bibliothèque comme un havre, un refuge !
Une évasion, et comme elle le décrit bien, une enfance un peu déconnectée des réalités.
Pour moi ce refuge de la lecture et de l'imaginaire est vite devenu une armure. La réalité était difficile.

A si bien travailler on m'a fait "sauter deux classes". La "réussite" scolaire est une valeur qui marche bien dans notre société. Mais la différence d'âge avec les autres enfants m'a permis de découvrir les joies de l'exclusion et de la solitude. Et je pense que j'ai raté une autre école. Celle de la vie. Ce qu'on apprend avec les autres. Parler, s'exprimer, prendre de l'assurance, blaguer. La découverte du lien social, la découverte de son corps, apprivoiser des peurs en groupe.

Je n'avais qu'un mois d'été en rattrapage, un mois avec des enfants de mon âge, pour mesurer la différence de la vie que j'allais retrouver. Mais je ne me révoltais pas car c'était bien, il fallait travailler.
Alors je me suis enfermée dans ma tour d'ivoire avec les livres. J'ai mis quelques années à en sortir, et j'ai mis de longues années je pense à me sortir de cette image de travailleuse, de ce mythe que le travail c'est bien, qu'il n'y a que cela de vrai.
Des années à me rendre compte que mon mari profitais de mes capacités de travail, de cette énergie incroyable que j'arrivais à développer pour réussir au boulot, tenir la maison, tenir les comptes, gérer les relations. Toutes ces années où j'ai oublié que j'aimais écrire, dessiner, faire du sport. Toutes ces années à découvrir qu'on peut aussi gérer sa vie avec l'intuition, sans toujours tout planifier. Toutes ces années avant de comprendre l'importance des corps. Les corps qui ne mentent pas. Les corps qui parfois hurlent qu'ils en ont marre de travailler et qu'on n'écoute plus...

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Les mythes fondateurs

Une petite nouvelle rubrique, pour essayer de creuser un peu certains sujets à l'initiative des billets de Juliette sur les petits rats.
Explorer les fondements de ce qui me constitue, réfléchir sur ce qui a pu me faire déraper dans la vie, c'est un peu devenu une sorte de réflexe depuis mon tremblement de vie. J'ai eu la chance de voir un psy, pas trop longtemps, qui m'a aidé à identifier un de mes moteurs, un ressort au fond de moi, qui, quand il se met en route dans certaines circonstances, me fait paniquer et chercher des solutions de repli, parfois malgré moi-même et un peu récipitamment. J'ai été impressionnée de découvrir que, maintenant, j'arrive à identifier ces circonstances, et à désamorcer le malaise.

Alors c'est avec enthousiasme que je part à la rencontre de ces petits rats !
En fait ce qui m'a interpellé, c'est cette explication qui se trouve dans le billet suivant : notre petit rat trouverait sa nature dans nos croyances, notre vécu, et ce qui nous a modelé petit à petit sur le chemin de la vie.
Ces croyances, j'appellerais cela "les mythes fondateurs". Et comme mon pseudo sort d'un livre de mythologie grecque, je me dis qu'il y a là matière à nourrir ce blog...

Posté par arianebobine à 18:07 - Les mythes fondateurs - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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