29 mai 2007
Fond d'écran
Ces derniers temps, j'ai du mal à poster, je commence des trucs que je ne termine pas.
J'avoue, je fais des infidélités à mon blog, je passe du temps sur internet à chercher des informations concernant mon nouvel état....
Et puis il y a le rangement de l'appart, et puis je suis pas mal fatiguée par un gros rhume-toux qui traine. Et puis ce soir c'était la fête chez les voisins, etc...
Bref, tout ceci n'est pas passionnant, mais au moins Claire me propose un petit jeu rapide que je vais pouvoir mettre en ligne de suite : quel est mon fond d'écran ?
Au début, je n'ai pas osé répondre, ou alors j'ai pensé vous mettre mon fond d'écran au boulot, qui donne plutôt ça :
Avec une photo d'un coin de montagne que je trouve très beau (les Bauges) dans lequel je suis allée randonner il y a deux ans. J'aime bien le petit refuge perdu qui donne l'échelle, et au deux tiers à gauche, on aperçoit le Mont Blanc qui joue à cache cache avec les icones. Au boulot, ce fond d'écran me sert de bouffée d'oxygène, dans tous les sens du terme, une vraie échappatoire au quotidien grisatre !
(Note : en cliquant sur les images on peut les voir en plus grand)
Mais non, ne trichons pas, à la maison mon fond d'écran ressemble vraiment à ça :
Pas de photos, pleins d'icones partout, les derniers utilitaires de conversion vidéo que j'ai voulu essayer, mais jamais réussi à faire marcher.
Il faut dire que je passe beaucoup de temps sur l'ordi au boulot, et le soir quand je rentre je n'ai pas envie de rester des heures à paramétrer mon écran. Juste ouvrir internet, lire mes mails, mes blogs favoris, finalement j'ai toujours quelque chose de plus intéressant devant le fond d'écran, alors je ne le vois même plus.
Ce petit jeu est finalement assez révélateur de personnalité. J'irais bien voir chez Sel, Yoca, Marie et Flo ce qui se cache sur leur ordinateur...
16 mai 2007
Habitudes
Comme certaines femmes qui se découvrent enceintes décident d'arrêter de fumer, il va falloir que
je perde certaines mauvaises habitudes.
Pas facile...
J'ai pris la mauvaise habitude, dans mon travail notamment, de considérer que je suis un garçon.
Ce n'est pas que j'ai l'air d'un homme. En général, on me dit douce et souriante. Je pense être plutôt féminine, tendance naturelle (je n'ai pas envie de faire trop d'efforts ni de ressembler à une poupée). On ne m'a jamais dit que j'étais un garçon manqué.
En fait, j'essaye de voir les avantages à ressembler à une femme. Comme celui de pouvoir porter une robe et des sandales l'été, quand mes collègues transpirent dans leur chemise et chaussures fermées.
Comme celui de pouvoir porter une jupe noire et un pull rouge dans un TGV première classe remplit de costumes cravates gris, juste pour le goût de la provocation, pour me sentir un peu plus libre dans ma tenue vestimentaire.
Par contre dans ma tête, il n'y a aucune raison pour que je ne puisse pas faire la même chose que les hommes. Cela depuis longtemps. Ce n'est pas que je le revendique, que je le demande, que j'en parle sans arrêt. Non, j'agis. Quand je suis en situation, quand une occasion se présente, j'agis sans me demander si je suis du bon genre pour le faire.
Cela vient sûrement de mon éducation, et mes études scientifiques en milieu à 80% masculin m'ont sûrement poussée dans cette idée. J'ai été aussi sûrement influencée par un grand frère qui me donnait envie de faire des choses comme lui, sûrement un mimétisme que j'ai encore du mal à quitter.
Alors prendre des responsabilités dans le travail ? Travailler dans une usine ? Encadrer une équipe constituée d'hommes, dont certains sont plus agés que moi ? Pratiquer un loisir dans lequel très peu de femmes sont licenciées ? Je ne me pose pas de question, si c'est à mon goût. Et je suis souvent "la seule femme", ou "l'une des rares femmes". Je ne crois pas que c'est une fierté, mais peut-être une revanche... C'est surtout la liberté de ne pas cantonner mes goûts à ce qui se fait dans mon genre.
Toujours est-il qu'aujourd'hui, je me trouve confrontée à cette dure réalité : pendant quelques mois, il va falloir que je revoie un peu mes habitudes.
Il y a quelques jours, en réunion de management, où j'étais la seule femme, le chef a proposé une activité conviviale. Du tac au tac j'ai répondu oui. Et puis... et puis je me suis dit que dans mon état c'était peut-être risqué de faire l'acrobate dans les branches. J'avais dit oui. J'étais coincée.
Sur la route, pour aller vers le lieu de l'accrobranche, j'étais partagée. Dois-je faire comme si de rien n'était et prendre des risques ? Dois-je l'annoncer alors qu'il est vraiment tôt ? Dois-je rater une invitation à une activité que j'ai toujours rêvé d'essayer ? Parce que suspendue dans les branches, dans la nature, je crois que j'en rêvais plus que certains collègues qui parlaient déjà d'avoir le vertige.
Et puis une inquiétude aussi, l'annoncer à mon chef, c'était m'affaiblir, m'exposer à ce qu'il ne me considère plus comme les autres.
Je me suis dit qu'il fallait faire un choix. Je lui ai téléphoné juste avant d'arriver. Je lui ai annoncé la nouvelle. Et je lui ai dit mes craintes. J'ai décidé que la sécurité de cet enfant était plus importante que mes envies professionnelles ou sportives. Que c'était plus risqué pour moi de perdre l'enfant que mon statut au travail.
Je ne regrette pas. Il a très bien accueilli la nouvelle, il s'est renseigné discrètement auprès des accompagnateurs sur les risques. Et comme ils semblaient minimes, il m'a rassurée.
L'esprit plus libre, j'ai pu découvrir, doucement et sans faire le casse-cou, le plaisir de traverser les arbres à la nuit tombante, en écoutant les grenouilles, accrochée à une tyrolienne ou sur un pont suspendu.
J'ai compris que cette nouvelle vie allait me demander de changer mes habitudes, et que ce serait plus compliqué que je ne le pensais...
12 mai 2007
Le secret
Il parait que c'est un secret. Il parait qu'il faut le taire. Que c'est risqué d'en parler. Pourtant, comme tous les secrets, comme on a envie de le dire !
Le crier par la fenêtre, l'annoncer aux passants, aux personnes qu'on cotoie dans le bus. Et surtout le dire à ses proches !
Mais non, il ne faut pas le dire. Car il y a un risque. Risque de déception. Risque de fausse joie.
Et le risque de passer à côté de la joie du partage ? Est-ce que mes proches ne peuvent comprendre aussi bien la déception que la joie ?
Alors tant pis, je vais le dire, sous couvert de l'anonymat de ce blog !
Je suis enceinte...
Je réalise à peine, car l'annonciation, même si elle ne s'est pas faite via un ange, a pris la forme de deux barres bleues sur un test. Puis d'un chiffre sur les résultats du laboratoire.
Réaliser... cette réalité prend corps depuis quelques jours, mon corps qui pousse, certains vêtements que, déjà, je ne peux plus mettre.
Même si je n'ai pas encore vu de médecin qui me confirme que tout va bien, même s'il me faut attendre encore quelques jours pour être sûre. Même s'il faudrait attendre un mois et une quinzaine pour éliminer les principaux risques de fausse joie...
Mais le médecin, s'il peut me rassurer sur mon état actuel, ne peut pas me garantir que cette promesse d'enfant ne disparaitra pas avant terme. Personne n'y peut rien, et la femme enceinte devient cet être mystérieux qui peut aussi bien porter la vie que la mort.
Cela est tabou, indécent, comme souvent le deuil ou la douleur dans notre société.
Et pourtant, la vie et la mort se donnent la main. Ce n'est pas un secret....
Et je suis si contente, pour le moment, que j'ai envie de le dire !!
08 mai 2007
Vibrations
Les sons sont des phénomènes vibratoires... Cela, je l'ai appris en cours de physique. Je l'ai aussi expérimenté très concrètement. Il y a quelques jours, après le déménagement...
La voix de Keren Ann, suave et tendre, se mêlait à la trompette en vibrations parfois synchrones, parfois décalées, toujours harmonieuses.
Cet ajustement entre voix et trompette, comme s'ajustent les voix dans les choeurs de gospel, certains disent que cela donne la "chair de poule". Moi, cela me fait vibrer...
Cela se passait au Ninkasi Kao, petite salle de concert assez confidentielle. Keren Ann nous a d'ailleurs dit que sa voix se diluait trop dans les grandes salles. Quelle clairvoyance, quel respect pour les spectateurs !
A Lyon, la grande salle de concert a été créée au début du XXe siècle par un architecte qui pensait en faire un lieu pratique pour vendre les bestiaux. Même si des aménagements ont été tentés, on ne m'enlèvera pas de l'idée que l'acoustique de la Halle Tony Garnier a plus été faite pour diluer les mugissements que pour mettre en valeur de la musique.
Les concerts que j'ai pu y voir ne m'ont pas fait vibrer, tant pis (et j'ose à peine utiliser le mot entendre).
Alors je laisse les grandes tournées commerciales remplir cette Halle, et je m'intéresse parfois à la programmation du Transbordeur, la salle rock, ou du Kao.
En fait de concerts, le rendez-vous que j'aime particulièrement à Lyon, c'est celui de l'été et de ses concerts en plein air... Nous avons la chance d'avoir deux superbes salles en plein air, que les romains avaient construites pour écouter du théatre, ou de la musique...
L'une est directement en ville, sur la colline de Fourvière, et permet d'admirer le soir tombant sur Lyon avant de profiter du concert.
L'autre est à 30km au Sud de Lyon, au bord du Rhône, à Vienne. Ce théâtre romain, est encastré dans la colline, comme un berceau protecteur. Le son suit naturellement ses courbes, et un chuchotement sur la scène s'entend haut dans les gradins : l'acoustique rêvée !
En plein air, l'expérience des sens est totale. La soirée commence par admirer le coucher du soleil, le théâtre étant tourné plein ouest. Le vent redescend le long des gradins pour rafraîchir les chaudes soirées d'été et nous laisse frissonnants, le nez en l'air pour regarder les martinets qui rentrent. Le ciel rougeoie encore quand la musique commence.
Photo : http://www.rhonealpes-tourisme.fr
Quand le son monte, cela ravit mes oreilles, et cela me fait vibrer, jusque dans mon ventre. Comme si les sons entraient en moi pour me diffuser leur douce vibration. Pour me mener jusqu'à l'extase...

