21 nov. 2006

Tremblements de vie

Avez-vous déjà vécu un tremblement de vie ?

IMG_1059Un tremblement de vie, c'est votre vie qui tremble très fort. C'est un événement qui vous secoue dans vos certitudes, qui remet à plat vos repères.
C'est la perte de quelque chose qui fera que plus rien ne sera jamais comme avant...


A la découverte de certains mensonges, ma vie s'est fissurée. Au début j'ai cherché une explication, une excuse. Puis, de découvertes en découvertes, ma confiance, mes certitudes, tout s'est effondré... 

Il a fallu détruire, puis reconstruire. Comment y suis-je arrivée ?
Comment se remettre d'un tremblement de vie ?

Le premier passage est celui d'accepter que c'est trop tard, qu'il ne sert plus à rien de résister.
Creuser, fouiller, agrandir le trou si nécessaire, pour que toutes les failles soient visibles et claires. Pour qu'elles soient inévitables, et qu'on ne puisse plus reculer.

Le deuxième passage, c'est de poser les yeux ailleurs, alors tout doucement vient l'idée qu'on pourrait vivre une autre vie. C'est de découvrir qu'on peut avoir des petits plaisirs, ailleurs, dans un monde parallèle au sien, qui pourrait ressembler à une issue de secours.

Le troisième passage, c'est de déblayer les gravats. Il faut faire du tri, même si beaucoup de biens matériels y passent, et même quelques personnes qu'on croyait amies. Ce nettoyage permet d'ailleurs de faire ressurgir des perles oubliées, des démons cachés. Ne pas hésiter à se faire aider...

Alors ensuite, la vie nettoyée, un nouveau départ pris, est-ce que tout va repartir comme avant. Est-ce qu'on peut oublier ses blessures, avec l'emplâtre du temps ?Tunisie_caroline__181_

Pour le moment, la vie me faire dire que non, on ne les oublie pas complètement.
Elles sont bien enfouies mes blessures, et j'ai retrouvé la force de croire en l'avenir.
Mais parfois, comme une petite veilleuse cachée dans la pièce du fond, les lampes d'alerte se rallument.
Elles crient "attention, attention", et dépassent toutes mes tentatives de maîtrise. Alors la peur débarque et m'envahit.

Dans cette nouvelle vie que je construis, la peur de reproduire les situations que j'ai vécu me panique. Dès qu'il s'agit de prendre des décisions m'engageant dans une direction qui ressemble de près ou de loin à celle que j'ai vécu, tous les voyants s'allument, les sirènes retentissent, et j'ai du mal à prendre une décision, à choisir une voie. Pétrifiée à l'idée que je pourrais me tromper, remettre le pied dans une fissure et refaire trembler ma vie aussi fort.

En être consciente m'aide. J'arrive à prendre un peu de recul. Et puis l'idée que j'en ai réchappé une fois déjà m'aide à sauter le pas. J'en réchapperai bien une deuxième fois, maintenant je le sais.
C'est quand même embêtant cette sensation, à chaque fois que je prends une décision qui m'engage dans ma vie de couple. Pourtant jusqu'ici je n'ai pas regretté d'avoir su oser à nouveau.

Aujourd'hui même, ces sirènes retentissent tellement fort ! Elles me hurlent qu'engager ma vie dans cet appartement que nous avons visité pourrait me mener un jour à avoir à faire mes cartons, à repartir de zéro dans un petit appartement, seule, comme je l'ai fait il y a deux ans. A devoir faire une croix sur tout ce que j'avais construit, espéré, à détruire. Détruire pour mieux reconstruire.

Aujourd'hui ces sirènes m'ont quand même permis de demander - pouce ! - une nuit de réflexion, pas de précipitation, même si je ne vois vraiment pas de raison raisonnable pour reculer. Juste le temps de dialoguer avec les sirènes, d'éteindre les veilleuses, de faire le tour de mes peurs pour les diminuer.


L'article qui m'a inspiré est sur le blog de Claire Ogie, notamment un passage en gras sur le thème "peut-on retrouver un jour l'insouciance ?".

Voici le lien http://avisagedecouvert.over-blog.com/article-4563717-6.html
Apparemment certaines de mes réflexions lui ont inspiré ce texte, j'ai aussi l'impression qu'il est issu d'un de ses tremblements de vie à elle, à mon tour d'être inspirée...

Posté par arianebobine à 21:14 - - Commentaires [5] - Permalien [#]


Commentaires sur Tremblements de vie

    Tu as déjà la réponse

    Waouhhh ! Visiblement, nous continuons à nous inspirer mutuellement, et ce n'est pas fini...! )))
    Pour ce qui est des tremblements de vie, je crois ne fonctionner qu'à ça et, je peux le dire, je les collectionne. Remises en questions permanentes et ce, depuis l'âge de 12 ans. L'important dans tout cela, évoluer, apprendre, mettre sa fierté au panier (tout en en gardant un minimum, quand même...), et par-dessus tout, se faire confiance. Ne pas avoir peur de la vie. Se trouver, au plus profond de soi. Trouver ce qui fait notre différence et savoir reconnaître notre petite étincelle personnelle, celle qui nous avertit toujours, enfin si l'on daigne l'écouter... Car si l'on y réfléchi bien, on sait , inconsciemment, ce qui va et ce qui ne va pas dans nos vies. Non ?
    Bon, et bien voilà, encore incapable de tenir ma langue. J'ai toujours l'impression de jouer au vieux sage dès que j'ouvre la bouche, l'enfer !!!
    ))) @+

    Posté par Claire Ogie, 22 nov. 2006 à 09:43 | | Répondre
  • Très belle note... Savoir tourner la page, même si un coup de vent peut nous la remettre sous les yeux, pour aller plus loin, jusqu'à la fin du livre.

    Posté par Corinne, 25 nov. 2006 à 22:06 | | Répondre
  • Corinne,Claire,
    merci pour vos commentaires.
    Si tout va bien, nous le signons demain, cet appartement commun !
    J'ai sauté le pas, j'ai un peu peur, mais il faut bien "aller jusqu'à la fin du livre", et un sentiment de joie devant ce projet qui ferait dire à Claire qu'"inconsciemment", je sens que ma vie va dans la bonne direction.

    Posté par Ariane, 26 nov. 2006 à 18:34 | | Répondre
  • Lart et la manière de lâcher prise

    Ton billet me rappelle également le processus de deuil dont j'ai parlé récemment dans mon blog (appliqué à la perte d'emploi)... Je crois qu'on oublie jamais rien, mais on apprend à vivre avec et surtout à retrouver son équilibre. C'est comme une cicatrice, on l'oublie parfois jusqu'à ce qu'on nous touche à endroit et qu'on réveille la plaie.

    Posté par Juliette, 27 nov. 2006 à 16:28 | | Répondre
  • Processus de deuil

    Tout à fait Juliette,
    j'aurais dû laisser une note sur ton blog, tu me pardonnes
    J'ai vu ton billet, ta courbe, j'avais déjà écrit ce commentaire mais je ne voyais rien à ajouter à ta description de ce processus.

    A cette période de ma vie, j'ai vraiment dû faire le deuil de mes illusions. Mes illusions sur la crédibilité qu'on peut accorder à quelqu'un qui vous a aimé et qui a promis devant témoin des choses que finalement il ne respectera jamais.

    J'ai attendu d'être sûre du "jamais", d'être certaine de l'infamie (double vie), de vraiment ne plus accepter cette situation pour partir. J'ai fouillé l'imposture, mais au moins, je suis descendue tout en bas de la courbe, je ne pouvais que remonter.
    Partant de là, ce qui m'a beaucoup aidé, c'est de me brancher sur une association avec plein de bénévoles, des gens de bonne foi qui s'engageaient sans autre intérêt que le plaisir de construire ensemble. Retrouver confiance en l'être humain, "retrouver l'équilibre" même si, comme tu le dis parfois des situations me remettent brutalement devant cette douleur.
    Je suppose qu'on peut faire le parallèle avec une personne qui avait confiance en son employeur et se retrouve brutalement licenciée. D'un coup seul les intérêts de l'employeur sont mis en avant, le contrat est rompu. Difficile ensuite de croire qu'on pourra avoir une valeur auprès d'un potentiel employeur. D'où l'intérêt de ne pas rester isolé, de voir des personnes qui vous valorisent.

    Posté par Ariane, 27 nov. 2006 à 20:41 | | Répondre
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